Lettre d'Alberoni à Rocca, du camp de Soresine, p
2. Pour cel événement comparer au récit d'Alberoni les notes déM. deBoisIisle à l'édition de Saint-Simon, XIII, p 93-96 el l'appendice du même volume, p. r.ir..
:>. Cette lettre publiée déjà en résumé dans les mémoires de Dangeau et de Sourches a étédonnée in extenso parPelet, Mémoires militaires, V, 330-333. Chamill,i ri si il licite par Vendôme depuis le début de l'année avait, le 10 avril, refusé pour Alberoni un bénéfice [Dép. de la guerre t. 1X7:;, p. 275), mais promis une somme.
permit de rendre à ses maîtres, à ses concitoyens toute espèce de services. Les Français avaient été la Providence du duché : à leurs côtés, l'abbé fit office de saint.
Par son intercession, les propriétés de ses amis, grands seigneurs et prêtres, furent respectées. Les sœurs des comtes Rocca et Gazzola, installées dans un couvent de Mantoue, offrirent l'hospitalité à Vendôme et s'en trouvèrent bien. Elles eurent au milieu de l'armée tous les sauf-conduits nécessaires pour correspondre avec leur famille : les postes françaises se chargaient de leurs commissions. Tout cela pour quelques pâtisseries lombardes, confectionnées par de jolies mains, ce qui leur donnait, il est vrai, plus de prix. Vendôme était gourmand : Saint-Simon le lui a assez reproché. — Une autre femme de Plaisance, moins recommanda ble, à ce qu'il semble, dut à l'abbé son salut. C'était une vraie diablesse, espionne qualifiée du prince Eugène. Les officiers généraux, Frémont et Chamerault voulaient tout simplement la faire pendre : Alberoni réussit à la tirer des mains du bourreau. Il lui fallut de l'audace et du crédit. Le pays et l'armée étaient déchaînés contre elle1.
En guerre, une armée n'est pas toujours pour l'indigène un péril. Elle est souvent une aubaine. Ecarter les dangers, faciliter les profits, Alberoni s'employait à tout. C'était alors l'usage qu'après une action d'éclat, les officiers généraux se fissent peindre en costume de guerre, dans le cadre du champ de bataille, pour leurs dames ou pour la postérité. Quand, après Cassano, ce besoin se fit sentir à l'armée, à Vendôme, Alberoni recommanda et fit agréer, de préférence à six autres, un peintre de Plaisance, Jean délia Piana. Ce fut pour l'artiste une fortune, la perspective de ne rentrer à Plaisance que chargé d'or. Il vint au quartier général pendant l'hiver prendre sur nature ses croquis, et travailla tant et si bien que modèles et artiste se quittèrent largement satisfaits 2.
C'étaient des artistes en leur genre aussi que les fabricants de perruques. Alberoni leur transmettait les commandes des Français qui en exigaient de belles et en changeaient souvent.