Lettre d'Alberoni à Rocca, 16 juillet 1714, p
3. Lettre d'Alberoni au duc de Parme, <*> août 1714 (Arch. N.u\, Farnesiana, 54); M"'" dos Ursins à Torcy, 12 juillel 1711 A. ÉTR., Espagne .
4. Lettres d'Alberoni à Rocca, 23 el 30 juillet, 1714, p. 324, 326.
dait si ce n'était point un courrier de Parme, du cardinal Acquaviva *.
Décidément, la cause était enfin gagnée. « C'est la main de Dieu, disait le rusé diplomate qui a conduit tout cela. Notre maître est destiné à de grandes choses. Je peux dire avec le vieux Siméon : nunc dimitlis servum tuum. » Et bien vite il ajoutait : « Je puis dire sans vanité que je connais le terrain. Je sais comment on le cultive et les moissons qu'il peut donner. Le succès est moins grand par lui-même que par ses conséquences2. » C'était en effet pour les Farnèse une fortune inespérée, l'une des plus grandes qui fût arrivée depuis longtemps à leur maison : ces petits princes italiens qui avaient toutes les peines du monde à faire reconnaître même parles Vénitiens leur titre d'Altesse Sérénissime, qui n'avaient pu être entendus au Congrès de Rastadt et de Bade, plaçaient leur fille, aussi bien que les ducs de Savoie, sur le trône d'une des plus vieilles monarchies d'Europe et dans cette famille des Bourbons qui tenait depuis un siècle le premier rang 3.
Pour Alberoni, ce mariage devenait un coup de parti, le chefd'œuvre de sa diplomatie, la consécration de sa politique : cette alliance de famille scellait, malgré la France, l'union des Bourbons d'Espagne et des Farnèse. Les traités d'Utrecht et de Rastadt avaient fermé l'Italie à Philippe V : ce mariage la lui rouvrait par l'espérance des successions de Parme et de Toscane qu'Elisabeth apportait en dot au roi d'Espagne. Par les mêmes traités les petits princes italiens, les Farnèse surtout avaient été sacrifiés à l'Autriche sans être entendus. Désormais ils se trouvaient assurés de trouver à Madrid, à côté de la princesse des Ursins trop attachée à ses propres intérêts, des avocats au moins aussi influents pour plaider leur cause et celle de l'Italie.
C'était une meilleure revanche certes que les efforts tentés à Londres par un envoyé plus qualifié et moins heureux du duc de