Dubois à Noce, '21 décembre
L'ABBÉ DUBOIS AU CONSEIL DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES 17b
pour y réussir. » Le molif très simple de son succès, « c'est qu'il était dépositaire du secret du Prince, et tout ce qu'il avait dit avait la valeur de ce ({u'aurait dit le Prince hii-uiènie* ». Le procédé était facile, profitable, éprouvé par le succès même : il n'y avait qu'à l'appliquer dans une mesure plus large.
Le diflicile était d'entrer assez dans la diplomatie ofiicielle pour en tirer les instructions nécessaires et la rendre inutile, pour la combattre avec ses propres armes, et ne pas se brouiller avec elle avant de les lui avoir prises. Ouoique le maréchal ne l'eût pas ménagé, Dubois ne lui laissa voir à son retour ni mécontentement, ni colère. Il était bon d'adoucir « l'amertume d'un homme qui était à la tète des affaires étrangères et dont on avait besoin, parce qu'on ne pouvait lui cacher tout». L'abbé engagea le Régent « à lui faire une visite de consolation, à lui passer la main sur le dos, et le maréchal se reprit à faire le gros dos'^ ». Dubois, surtout, soignait le premier commis, l'homme indispensable du ministère, Pecquet, serviteur fidèle et instruit de Torcy pendant seize ans, « qui pouvait conduire de son cabinet sûrement toute l'Europe ». 11 le prenait par l'amoui-propre, l'assurait de son attachement, de son intérêt pour sa santé, « qu'il entendait gouverner comme un bien })récieux à tout le monde ». Il flattait son goût professionnel, en lui promettant une carte et un tableau du gouvernement de la Hollande. « Il voulait cultiver à gogo son amitié » et comme les petits cadeaux l'entretiennent, il s'offrait à lui en rapporter de Hollande pour lui, sa famille et ses amis*. L'offre était d'autant plus méritoire qu'il avait les poches pleines de commissions, du tabac doux pour Noce, de la batterie de cuisine pour la fdle de l'amiral Wassenaer. Il comptait bien que le brave homme ne résisterait pas à ces attentions.
Enfin, le 26 mars 1717, Dubois fut nommé au Conseil des Affaires Etrangères, a en raison de sa capacité supérieure au fait des Affaires Etrangères ». Dans le brevet de nomination le Régent ajoutait aussi, u en raison de votre fidélité et affection à mon