I. Droyscn, IV, t?. 1, j). llU
'2. Bonnet (IG mars 1718) au loi de Prusse. Resciil royal de Frédéric-Guillaume, 4 juin, « conserver son indépendance ». M. Lavisse a fort bien exposé les causes de l'inac/lon du roi de Prusse, Jeunesse dit (iniiK/ Frcdrcir, I, p. 7'.i '.•'.'.
3. Mémoire de Gœrtz pour Dubois : « Entre les ennemis di' la Suède, les pins considérables sont le Tsar et le roi d'Angleterre >• (lellioy, lusIrucHmis de Suède, p. 485, et le dévelop[)enient de celte jiroposition dans les Inslnnlions de La Murck (llnd., p. 285-285).
4. 1'. V\'alpolc's Panipldet : " The interesls of (Ireat Brilain sleadily pursued I7ir>, — C.oxe, Memoivs of Wdipule, I, p. 87. — Mahon, Hist. of Eîir/land, 1, p, 236,
vingt ans auparavant était inconnu à l'Europe se voyait alors le maître de la Baltique, à la tète d'une flotte de trente grands vaisseaux de ligne '. « Les Anglais tremblaient de crainte et de colère^: « Et nous nous demandons encore, disait un de leurs publicistes, si nous serons wliigs et torys-*. »
Entre ces deux groupes d'ennemis et plus particulièrement entre l'Angleterre et la Russie, le baron de Gœrtz trouva un moyen d'échapper à tous, ou crut le trouver. 11 voulut tirer de leurs querelles une politique capable de guérir les maux anciens, de refaire l'avenir de la Suède. En face de la Prusse grandissante, du Tsar arbitre du Nord, il comprit, avec son maître, que le rôle de la Suède dans la Baltique était fini. Mais, au lieu de la laisser étouffer dans le cercle de fer que resserraient autour d'elle la Russie, la Prusse et le Danemark, Charles XII pouvait, imitant le Tsar qui l'avait vaincu, lui procurer à l'Ouest l'air qui lui manquait, la mer libre à l'infini, lui rendre en Norvège la vie et l'horizon '*.
Gœrtz eût vite pris son parti et le fit prendre à son maître. Renoncer à la Raltique pour s'ouvrir par la Norvège l'accès de la mer du Nord, exploiter le mécontentement du Tsar et de la Prusse contre l'Angleterre et le Hanovre, seuls soutiens du Danemark, leur faire de larges concessions pour s'assurer par derrière et marcher de l'avant vers l'Atlantique, tel fut le plan ingénieux que Gœrtz à la fin de 1716 se mit en tête de réaliser : « Jamais homme, dit Voltaire, ne fut si audacieux, à la