‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 116 sur 246 · Voltaire, Ilisl. de Charles XII, p · texte numérisé non relu

Voltaire, Ilisl. de Charles XII, p

2. Alberoni au duc de Parme, 5 octobre 17i(>. " l'arini iinpossibile ;il'i)()ler,si assicurarse délia fede e parola del duca d'Orléans, tanto più clie, se succedene il caso délia morte di «piel piccolo Ue, il genio e volonla délia Regina è do! Inlo porlala ad occupare (piel trono » (.\ncH. Naples, Farnesiana, fasc. 58).

3. Coxo, Hist. des Baurhims d'Kspfir/nr. II. p. 31.") : Oodinglon à la cour de Londres, 30 novembre 1710. — Sur les n'I.ilimis de l'Aiiglelerre et de IfOspagne, Ihid , p. 311-32?. Alberoni écrivail an dm de Parme, f) juillet 171G : <■ Je sais le fond qu'il faut l'aire sur leurs belles [Mioles. Mais je ne veux pas rompre le commerce et l'inlindté ([ue je |)rati(pie avec eux » (.\ncH. de N.vples, l'asc. 58).

rait à Stanhope et la France à l'Angleterre le soin de négocier la paix du Sud. Le Uégent refusa énergiquement les propositions que lui fit, au nom du prince Eugène, Bonneval après Ilohendorf*. Il se déroba à ce projet de traité particulier avec l'Empereur que Louis XIV eût peut-être conclu et rejeta les Impériaux dans les bras de l'Angleterre ^.

Pour les mêmes raisons, le roi d'Angleterre ne pouvait offrir sa médiation aux puissances du Nord. L'Electeur de Hanovre avait inquiété ou même blessé chacune d'elles, autant au moins que le duc d'Orléans avait fait le roi d'Espagne. Le Tsar ne lui pardonnait pas son obstination à l'exclure du Mecklemboiirg ; le roi de Prusse, une ambition que n'avait pas satisfaite l'acquisition de Brème et Verden, Charles XII enfin le démembrement de ses Etats ^. La nation anglaise n'avait pas attiré sur elle les mêmes colères, ni provoqué les mêmes rancunes : mais Stanhope, depuis six mois, travaillait à l'associer aux haines et aux amitiés du roi Georges'^. Ce fut l'origine de sa fortune ainsi que celle du schisme qui déchira le parti whig. Malgré Townshend, il avait fait envoyer dans le Sund, sous les ordres de l'amiral Norris, une escadre chargée de surveiller à la fois la Suède et la Russie^. La conspiration de Gyllenborg et de Gœrtz lui fournit

1. Mémoire de Dubois à Stanhope, mai 1717. « Il parait d'une extrême importance que l'on ne puisse pas supposer avant la conclusion d'un pareil traité que Ton soit disposé de ce côté à déroger en la moindre cliose sur ce qui a été [stipulé à Utreclit : l'on peut dire que l'intérêt du Roy et celui de Mr/r le duc d'Orléans s'accordent parfaitement sur ce point. Dans cette supposition, il serait très important que^ le roi d'Angleterre parût agir de son propre mouvement à Vienne et à Madrid... 11 est certain qu'indépendamment des raisons qui doivent porter S. A. R. en particulier à désirer que le roi d' Angleterre entre dans cette vue, la négociation souffrira beaucoup moins de difficultés du côté de l'Espagne, lors([u'ii paraîtra que la France n'y aura point de part. » (A. ÉTR., Ang., t. 300, P 108). Dubois à Stanhope, 16 avril 1717 [Ib., f 23) ; 28 avril 1717 [Ibid, P 61-62).

2. Dubois à Stanhope, 16 avril 1717 (A. ÉTR., Ang., t. 300, P 26).

3. Torcy, II, f» 289-290 : « Le Tsar n'était pas plus conlent que le roi de Prusse du roi de la Grande-Bretagne. » Saint-Simon, Mémoires (édit. Chéruel, XIV, p. 43). — Mahon, Hist. of Enr-land, I, p. 237.

4. Stanhope à Kniphausen, ainsi qu'une dépèche de celui-ci au roi de Prusse du 31 décembre 1716 : « Le Parlement donnera au Roi des subsides pour les affaires du Nord, et s'il le faut mettra le Tsar à la raison » (Droysen, IV, 2, 1, p. 198).

5. Townshend à Stanhope, 27 octobre 1716 (Coxe, Memoirsof Walpole, II, p. 119) : « Si l'on rompait avec le Tsar, le Parlement refuserait les sommes nécessaires. Cela brouillerait entre eux les amis du Roi et la Suède et ruinerait le crédit public. » (Torcy, II, f» 23; Saint-Simon, XIII, 303.)

un très utile prétexte : quoiqu'il fût à peu près établi que les diplomates suédois avaient eu pour principal objet de soutirer de Targent aux Jacobitcs et n'étaient pas autorisés par leur Roi, le ministère anglais arrêta Gyllenborg, publia leurs lettres pour exciter la nation contre Charles XII. contre les Jacobites, et même contre Pierre le Grand*. L'arrestation de Gœrtz, quelque temps après (mars 1717) en Hollande, était un calcul du même c-enre. Le calcul avait réussi. Le Parlement anglais se réunit fort irrité contre les Jacobites el le roi de Suède. Un membre du Parlement proposa même de déclarer la guerre à la Suède et l'on décida d'envoyer le 22 mars l'amiral Bing avec une Hotte de trente vaisseaux renforcer l'escadre de la Baltique-.

Stanhope ne voulait pas plus la guerre avec Charles XII qu'il redoutait les intrigues des Suédois ; il lui suffisait d'avoir converti ainsi l'Angleterre à la politique de l'Electeur de Hanovre, qu'il jugeait favorable à son commerce et à son influence dans le Nord. « 11 est certain, disait Gœrtz après son arrestation, que le roi d'Angleterre et ses ministres cherchent toute sorte de prétextes pour porter le Parlement à nous déclarer la guerre^ » (15 mars 1717).

Quoi qu'il en soit ces actes n'avaient pas été de nature à lui procurer l'alfection et la confiance des belligérants. Du moment (piil paraissait participer à la guerre, il ne pouvait se charger de l'arrêter*. Ce soin, Stanhope l'abandonnait à la France demeu-

1. Lcmontey Ta établi définilivemeiit, II, p. 38(j el suiv. Les conleinporains le savaient bien. Monteleone le dit à Londres. « Le roi d'Angleterre avait un pressant besoin d'enji^ager l'Angleterre à déclarer la guerre à la Suède et à contribuer à l'entretien des troupes et à l'arnienient des vaisseaux. Ce ne serait pas la première fois qu'une conjuration révélée au Parlement au commencement (le ses séances aurait produit des elïets mei'veilleux pour les volontés de la cour. " {(H-cN. 11, p. 116; Saint-Simon, XIII. p. 3"20.i La minorité anglaise au Parlement tléclar.i ipii' c'était un artilice de la cour pour engager le Hoyaume dans une guerre qui lui él.iil alisolnmenl étrangère. (Boniirl au ini de Prusse, 10 mars 1717 dans l)ro>sen, l\ , '-!, I, p. 203, noie 2.) - Wiesencr, au contraire, ne se servant (pie des documents anglais, a persisté à croire (II, p. 1 à 18) que le complot mit en péril l'alliance Iranco-anglaise et la pai.v de l'Europe.

2. llisf. navale de /.\inf/U'lerre par Lediard (trad. fr., Lyon 17r)l, in- 4") III, p. 591; Malion, llist. of Ertf/land, I, p. 273-274. — Hobelhon à Dubois 1" avril 1717;. (A. ÉTR., Angleterre, l. 300, l" 2.)

3. Torcy, 1 , F 877-878 ; Saint-Simon, Mémoires (édil. Cliérm-I, Mil, 225-220).

4. Instr. du comte de la Mai'ck, mars 1717; (Gelïroy, lusl i uclions de Suède, p. 289). "La France veulménager l'amitié du loi d'.\nglelcrre en conciliant, s'il est

PAIX OU GUERRE EN EUROPE i93

rée dans les meilleurs t(M-mes avec toutes les puissances du Nord ^ Le ministre su(klois à Paris, Spaar négociait avec Canillac Tami et le confident du Régent et le pressait de se charger d'une médiation entre Charles XII et le Tsar-. Gœrtz, depuis le mois de juillet 1716, avait quitté la Suède pour venir à La Haye négocier avec les ministres français. II est vrai qu'il trouva bientôt dans les conseils du Régent une disposition à prendre le parti de l'Angleterre et du Hanovre plutôt que celui de la Russie : alors Gœrtz vint à Paris en août d'abord, puis au mois de janvier 1717. La Régence, pour connaître ses intentions, l'avait autorisé à les exposer dans des mémoires qui nous ont été conservés et qu'un agent spécial du ministère, le chevalier de Chavigny faisait passer au maréchal d'Huxelles.

Le Tsar d'autre part à cette époque recherchait l'amitié de la France. Le 13 janvier 1717, il avait offert à M. de Chàteauneuf son alliance^et un traité'^. Enfin, le roi de Prusse, déjà attaché à nous par le traité de septembre 1716, s'était volontiers chargé défaire aboutir cette alliance entre la France et la Russie. Son ministre Kniphausen avait accompagné Pierre le Grand en Hollande, et se proposait de le conduire en France, où son maître viendrait peut-être le retrouver*. La France avait donc qualité et autorité pour négocier la paix du Nord. Stanhope en chargea Dubois : les deux négociateurs se mirent chacun à l'œuvre pour achever cette paix générale qui, dans le Nord,

possible les intérêts de ce prince avec ceux du roi de Suède et plus ce qui vient de se passer peut éloigner l'exécution de ce jDroj>^,plus il y a lieu de craindre que les alliés du Nord (le Tsar et la Prusse) ne profitent du ressentiment du roi de Suède. C'est pour prévenir cet inconvénient qu'elle a pris la résolution de faire passer incessamment auprès du roi de Suède une personne capable de le porter à prendre des résolutions conformes à l'état de ses affaires. »

1. Dubois à Stanhope, 17 juillet 1717 (A. ÉTR., Ang., t. 300, f« 335-343 .

2. Octobre 1717, Torcy, I, f 772-773; Saint-Simon (édit. Chéruel, Xlll, p. 170 .

— Décembre 1717, Torcy, I, f» 868-869; Saint-Simon (XIII, p. 222'.

3. Dépèches de Chàteauneuf 14 et 21 janvier 1717 (Vandal, Louis XV el Ëlisfthelh (le Russie, p. 24). La France avait averti Chàteauneuf d'écouter t'es ouvertures. (Rambaud, Instructions de Russie, I, p. 138); d'Huxelles à Chàteauneuf, 5 janvier 1717 (A. ÉTR., Hollande, t. 322). C'était Rottembourg ù Berlin ([ui avait ménagé cette entente iBriickner, Peter de)' Grosse, p. 435).

4. Torcy.II, P 3.59: Saint-Simon, XIV, p. 30; Torcy, II, f«3.53; Saint-Simon, XIV, p. 59. — D'Huxelles à Chàteauneuf (Rambaud, Instructions de Russie, I, p. 139).

— Vandal {Ibid).

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