LA (JUERUK DANS LA MÉDITERRANÉE
prince, dans colle du Hoi et des États généraux, ce qui peut le tirer de toiilc inf/iiiéltide lonchnnl ses droils à la succession, et affermir dès à présent l'autorité de sa Régence \» Stanhope ne parlait point des intérêts de la France, mais de ceux du duc d'Orléans : n'était-ce point le principe de leur entente et le moyen de la maintenir dans les orages qui la traversaient ?
Les politiques anglais continuèrent d'ailleurs à parler de la tranquillité publique, se préparant dès cette époque à rejeter sur l'Espagne la responsabilité des guerres qui la menaçaient-. Ils dénoncèrent l'ambition de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, entretenue par Alberoni. Aux tentatives que la cour espagnole faisait soit en France, soit en Italie, pour déchirer les traités d'Utrecht, ils comparaient leurs efforts et ceux du Régent pour les confirmer, les assurer. Peu à peu, par leurs soins, cette argumentation habile prit corps dans l'opinion publique, et ainsi, elle est devenue un article de foi pour les historiens anglais et même français^.
11 faut rétablir la vérité et dégager l'histoire de ces sophismes : en proposant à l'Empereur, en pleine paix, de nouvelles conquêtes en Italie, aux dépens de l'Espagne qu'on abusait de promesses lointaines, les alliés de La Haye donnaient les premiers l'exemple d'une violation de la neutralité italienne''.
Ils encourageaient les ambitions de l'Autriche, en feignant de ménager sa paix avec l'Espagne, afin d'obtenir d'elle des mesures contre le Prétendant Stuart que le Trésor anglais
L Stanhope à Dubois, 3] juillet 1717 (A. ÉTR., Ang., t. 300, f" 376-377).
2. Stanhope à Duboi.s, ibid: « Quel jugement faites-vous des événements de l'Espagne ? Est-il possible que l'Espagne sans alliés et sans forces veuille rallumer une guerre qui ne peut manquer d'intéresser toutes les puissances de l'Europe, que le roi Philippe, qui passait dans le monde pour un observateur religieux de sa parole et des traités viole ainsy celui d'Utrecht? » (f° 379); Stair à Stanhope, 5 juillet 1717 (Arch.. Han.; Weber, p. 40). D'Entremont à Victor Amédée, 9 août et la réponse du Roi. Relnz. diphnn. deHa tnonarc/iin di Savoia (Bib. storia Italiana, vol. II), Turin, Bocca.
3. Mahon, Hlst. of England, p. 303; Coxe lui-même, II, p. 346, 347; Saint-Simon, XY, p. 303; Lemontey, I, p. 138; Baudrillart, II, p. 276. <■ L'attentat d'Alberoni rendait la paix impossible. »
4. (Test ce qu'Alberoni répondit en novembre 1717 à Stanhope: « Il y a un principe existant avant tout, savoir que ni les princes, ni les États ne sont obligés d'observer aucuns traités contraires à leurs intérêts. Vous avez toujours agi ainsi. » (Co.xe, Bourbons d'Espagne, II, p. 365).
paya à l'Empereur un bon prix, et de procurer dans le Xord des avantages à rÉlecteur de Hanovre, en France des garanties au Régent. Cette Triple Alliance soi-disant désintéressée, était une ligue offensive d'intérêts, conclue par des ministres ambitieux pour le seul profit des maîtres qui servaient leur fortune ^ Dès le premier joui', elle avait été i)our la France la cause de sacrifices sans autre compensation qu'une paix onéreuse ; et bientôt, par la force des choses, ce dernier avantage, la paix elle-même, allait lui être retiré.
Incapable d'assurer la paix du Sud et de réaliser de ce côté ses promesses pacifiques, la Triple Alliance offrait au Régent cependant, un autre moyen d'entretenir l'illusion de ses sujets. Stanhope lui laissa le soin de régler les différends du Nord: « Si vous déterminez le roi de Suède à accepter la médiation du Régent, vous feriez faire à Son Altesse Royale un beau personnage pour la décision du Nord-. »
Le 5 janvier 1717, le maréchal d Iluxelles avait chargé l'ambassadeur de France en Hollande, Chàteauneuf, des premières « démarches nécessaires à prévenir les engagements que les puissances du Nord pourraient prendre au préjudice du repos public"^ >». Il commenç^.ait par retirer à la Suède les subsides que la France, selon une tradition ancienne et en vertu du traité d'avril 1715, lui ]»ayait « comme à une bonne et fidèle alliée». Il ne rabandonnait pas pourtant, mais il bornait c< les effets de sa garantie à ses offices i)Our j)arvcnir à la jiaix du
1. yi. (le Ma/adc <l;uis un .iiliclc de la Revue (/r.v Den.r-Monde.s \SCti) «iiic lui a suggéré la lecture des (léi)èclies de labbé del INIai'o envoyé de Sicile à Madrid, a fortement établi les l'csponsahililés de chacun: « De f|uel côté était le droit dans cette bagarre .' Cet alil)é plaisantin, ce cardinal d'aventure était. ilirc/-\(ius, un grand violateur des traités, .le le veux bien. Mais ses adveisaires i'élaient-ils moins? Alberoni nian(|u,uli] an droit, paicc iin'il élail seul .' Les alliés n'y manquaient-ils plus dès qu'iU élaicrd «piai re pniu' transférer la couronne de Sicili-, que Victor Amédée na\,iil iiiiiic <'n\ie de céder pour disposer de la Toscane cpii protestait contre ce (piOn voulait l'aire d'elle. !,a l-'rance était peut-être celle qui s'inspirait le moins de sa \raie poIilic|ue. » l lieviie des Deu.r -Mandes, ISGO, p. 139-200).
2. Stanhope ù Dubois, 17 juillet (A. ÉTR., Ang., t. 300, f" 373).
3. Le roi à ChAteauneuf, âjanvier 1717(A. ÉTR., Hollande, l. 322; Rambaud, /«s/. f/e/îuss/e,p.l3H).D'Ilu.\e]les à (:hAteauneuf,27 novembre 1716 (Hollande, t. 311) lui avait déjà dit qu'il était seul chargé des alTaires du Nord (!'" 281) et lui avait remis une lettre pour le baron de Gœrtz.