LA QUESTION DE LA BALTIQUE : UUSSIE OU HANOVRE
celle de la France l'était cependant, à un point surprenant. Celle du Régent l'était moins.
L'arrestation des ambassadeurs suédois Gyllenborg à Londres, Gœrtz en Hollande, l'arrestation en Suède par ordre de Charles XII, du résident anglais Jackson (29 janvier 1717) suspendirentpendanl (|i!>]r{ue temps les offices de la France; mais sa médiation ne devenait que plus nécessaire, cette réciprocité de violences équivalant presque à une déclaration de guerre'. Le Régent envoya en Suède à Charles XII, un homme de la plus grande condition, le comte de La Marck (7 mars 1717), le chargea d'apaiser le différend et de porter ensuite le Roi à une paix générale'^. 11 fut convenu avec l'Angleterre qu'elle mettrait en liberté Gyllenborg, dès que Charles XII aurait désavoué ses ministres '^ Le désaveu était aisé : les intrigues de Gœrtz n'avaient guère eu d'autre objet que de se procurer de l'argent des Jacobites, du banquier Hoggers notamment, et chacun savait « que le roi de Suède n'avait rien su des espérances que Gœrtz leur donnait'* ».
La difficulté était plus grande d'amener l'Angleterre à s'entendre pour une paix générale avec ses alliés de la veille, devenus ses ennemis, la Prusse ou la Russie. Elle ne voulait traiter qu'à la condition que les Russes évacueraient le Mecklembourg, et que la Prusse se joindrait au Hanovre pour les en chasser^. « Cette cour, disait avec indignation Frédéric-Guil-
\. Instructions de La iMarck, p. 283. « La France veut ménager l'amitié du roi d'Angleterre en conciliant ses intérêts avec ceux du roi de Suède et ce qui vient de se passer peut éloigner l'exécution de ce projet. »
2. Pour régler ce différend en mars 1717, la France attendit que d'Iborville lui indiquât les résolutions de l'Angleterre relatives à Gyllenborg et celles de la Hollande à l'endroit de Gœrtz (Instructions, p. 294-295 . — Sur les origines de La Marck, voir GetTroy, Instructions de Suède Introduction, p. 87) et Saint- Simon, Mémoires (édit. Chéruel, XIII, P- 279).
3. Dubois à Stanhope, 17 juillet (A. ÉTR., Ang., t. 300,10 340).
4. Lemontey a étudié ces conspirations d'après les documents et donné les résultats de ren(iuète menée par les ambassadeurs de la France. La Marck surtout écrivait le 20 mai et le l""' juin : « Le Roi m'a protesté hautement qu'il n'a jamais pensé à la prétendue descente. L'opinion de la Suède et de tous les sénateurs, c'est que la conspiration n'était (pi'une escroquei-ie d'argent. » (Lemontey, II, p. 386).
5. Instructions de La Marck, p. 282.. — Le Roi à M. de Chàteauneuf, le 19 mars 1717 (Rambaud, Instructions de Russie, p. 152-153) ; le Roi à M. de Chàteauneuf,