Tome I
laume I^'', se regarde comme le centre où les intérêts de l'Europe doivent aboulir '. » La Prusse était résolue à demeurer indépendante et lidèle à Pierre le Grand : comment, dans ces conditions, régler la paix du Nord^?
Le Régent avait des motifs de penser autrement que le roi de Prusse. Il se sépara nettement du Tsar et prit parti pour les Anglais : il proposa d'abord à Georges P'', plus favorable à la paix, de faire au moins filer la négociation, s'il ne voulait pas traiter avec la Russie, pour l'empêcber de prendre des engagements ailleurs ^. Ouand le Tsar, à son tour, annonça son intention de venir à Paris, le Régent, effrayé d'avoir à prendre une résolution, demanda à l'Angleterre de lui dicter ses démarches*. Le voyage de Pierre le Grand et la conduite du Régent avec lui, ont fait, depuis Saint-Simon, l'objet de nombreux récits^. De Dunkcrque à I^iris (30 avril-7 mai), le souverain russe fut reçu avec les plus grands honneurs, accompagné par un gentilhomme de la Maison du Roi, M. de Liboy, défrayé de tout, salué sur son passage par les échevins des villes". On prépara deux appartements pour lui à Paris, 1 un au Louvre, dans l'appartement de la reine-mère, l'autre à l'hôtel de Lesdiguières, meublé à cette occasion des meubles du Roi. L'un des plus grands seigneurs de la cour, des
12 avi'il 1717 Uiiil., |t. 17)5 . KL smloiil les (Iriièchcs de r.oMiict résidi'iil prussien à Loiulies, ICi in.iis 1717. « Il dépend du loi de Prusse de rester bien avec moi. Mais il doit d abord laiic riîspecter les Irailés et chasser les Russes de TEinpire. » (Droysen, ouv. elle, II, 2, I, p. 204.) UohetJKjn à Dubois, 3 juin 1717, « purger l'enij)ire des Russes en vertu de la coinniission impériale » (A. ÉTR., Ang., t. 300, f» 2C)1).