‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 127 sur 246 · Rambaud, p · texte numérisé non relu

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212 LE LENDEMALX DE LA TRIPLE ALLLWCE

France avec la Tnjjle Alliance et donner de l'ombrage à Londres, en Hanovre surtout: « Tout doit être subordonné à cette vue*. » Le séjour du Tsar dans le royaume ne })0uvant être d'une longue durée, on espérait le voir bientôt finir sans être obligé de rien résoudre.

Les ministres russes avaient reçu de leur maître des ordres diamétralement opposés. C'était une alliance immédiate, formelle, sans ambages ni réserve qu'ils offraient à la France avec ce réalisme d'idées et de mots qui caractérise la politique de Pierre le Grand. « La Suède quasi anéantie ne peut })lus être d'aucun secours à la France et moi Tsar, je viens m'offrir à la France à la place de la Suède ^. » En échange, les Russes demandaient moins encore qu'auparavant, non plus la garantie des provinces conquises sur la Suède que le gouvernement français pouvait difficilement accorder, mais les subsides qu'on avait jusque-là donnés à une puissance désormais inutile, trois cent mille écus nécessaires aux entreprises ultérieures du Tsar ^.

Le Régent n'accorda ni l'allinnce ni les subsides. « Pour former des liens aussi étroits, il altcndait que les affaires du Xord eussent pris une forme stable. » l\ eût souhaité, « pour plaire à l'Angleterre, que le Tsar s'expliquât sur la présence de ses troupes en Mecklcndjourg et promît de les retirer '*. » Comment lui donner des subsides qui eussent servi peut-être à les y maintenir, à les augmenter ? Le roi Georges ne lui eût pas pardonné : « L'Angleterre nous rendit sourds aux invitations du Tsar -), qui partit en délinitive sans avoir rien terminé''. Tout ce «pi'il put

\. Inslniclion de Tessé (R.'imh.iud, Inslruclumn de Russie, p. 181;. Au iiuMiie inomcnl Diil)()is énivail à lîolx'Uion, secrélaire du ministère hanovrion, le '.(juin 1717 : « Le Uéf^MMil a déclaré (ju'il n'écoiitorail jamais du Tsar rien (|ui put contrarier les enyat,'ements (ju'il a pris par l'alliance avec l'Ani^delcri c » (A. ÉTU., Ang., l. 300, t"2G3.)

2. Conférence du 19 mai 1717, dont le procés-verb.il est dans les Mémoires de Tessé(édil. Grimoard, II, p. 313j. Il faut comparer ce procès-verbal aux lettres échangées par Tessé avec d'Hu.velles [Mémoires de la Société Impériale d'Histoire de Russie, XXXIV).

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