‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 129 sur 246 · Même mémoire, émané de la diplomatie officielle · texte numérisé non relu

Même mémoire, émané de la diplomatie officielle

Dubois avait réussi à tirer son maître de l'embarras et de l'isolement où il était en Europe, à lui procurer du dehors les amis qui lui manquaient au dedans. <( La Triple Alliance peut vous suffire ; examinez si le reste vous est nécessaire, et si en ne faisant que des affaires sûres et qui ne croisent point, vous n'aurez pas finalement de plus grands avantages. » Le r^este, c'étaient les alliances de la France, ses intérêts et la paix du royaume.

Par ce système, l'abbé obscur, l'érudit précepteur devenait un personnage important en France comme en Europe : il réglait avec les ministres anglais, les diplomates hollandais et l'Empereur les conflits des puissances; il renversait les alliances du Nord, tenait en échec la diplomatie officielle du maréchal d'Huxelles, du baron de Gœrtz, de la Prusse et de Pierre le Grand. Il devenait l'homme nécessaire de cette époque troublée par les guerres du passé, par les traditions et les ambitions des puissances et des dynasties nouvelles. Son système séduisait les ambitieux, fixait les irrésolus, par la simplicité, la fermeté, qualités précieuses, si ce système eût été celui de la France, et non du Régent seulement.

Page 1