CUISE EN EIJROPI-] ET DANS I.A RÉGENCE
C'en était donc l'ait an mois de septemi)re 1717 de la neutralité de la Méditei-ranée et de l'Italie. Suivant l'expression même de Saint-Simon « le fourreau était jeté* ».
Le Nord de l'Europe n'était pas dans une moindre agitation. La guerre qui depuis dix-sept ans y durait entre la Suède, la Russie, la Prusse, la Pologne, le Danemark, avait môme failli s'étendre jusqu'à l'Angleterre et à la Hollande. Pressé par la diplomatie française, Charles XII avait bien consenti, en juin 1717, à satisfaire les puissances maritimes, en désavouant la conduite de ses ministres Gœrtz et Gyllenborg ^^. Mais il poursuivait toujours son dessein de s'indemniser en Norvège, aux dépens du Danemark^. Son ministre Gœrtz, remis en liberté le 31 juillet 1717, reconstituait, comme Alberoni en Espagne les forces de la Suède et par des négociations avec la Russie travaillait à désunir ses ennemis, pour reprendre contre ceux qui lui paraissaient les moins forts, le Danemark et le Hanovre une vigoureuse offensive*. La Raltique comme la Méditerranée devait être le théâtre d'une mêlée prochaine.
L'espoir de la paix s'évanouissait : l'embarras du Régent était grand. 11 parut même que le système de Dubois ne suffisait plus à l'en tirer.
Ce système, à l'épreuve, laissait voir ses risques et ses défauts, un double défaut : il ne reposait pas sur une étroite entente entre nations, mais sur les engagements du roi d'Angleterre, souverain de Hanovre, et du Régent, pour la garantie mutuelle de leurs intérêts personnels^. Or l'Electeur de Hanovre, prince d'Empire, dépendait au moins autant de l'Empereur, son suzerain, que des suffrages de la nation anglaise : l'avenir de ses Etats d'Allemagne était à ce prix. 11 devait ménager à la fois son souverain et ses sujets; il engageait ^^le duc d'Orléans à les ménager avec lui. Et voilà que peu à peu, ayant obligé ce prince