‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 132 sur 246 · Lamberty, Mémoires, X, p. 70 et · texte numérisé non relu

Lamberty, Mémoires, X, p. 70 et

4. Uevmann, Riissische Geschichte,t. IV; Voltaire, C/ir/rZes A7/, récit de l'entrevue de Loo (p. 275) : « Gœrtz en liberté fut un ennemi déchaîné. »

5. C'étaient là l'essence et le fondement véritables de la Triple Alliance.

à des sacrifices pour l'Angleterre, il rassujettissail en outre à l'Empereur comme un prince d'Empire, toujours pour lui faire espérer la garantie de la succession au trône de France.

La Triple Alliance avait un autre inconvénient : elle reposait sur le maintien des traités d'Utreclit, de la paix par conséquent. Mais elle aurait dû, pour demeurer solide, compléter ce qui manquait aux traités d'Utreclit, rétablir l'accord de l'Espagne et de l'Empereur par un règlement équitable des affaires italiennes. Les projets de Stanbope, acceptés par Dubois au mois de juillet, n'étaient pas de nature à produire ce résultat; trop favorables à l'Empereur, ils n'offraient à l'Espagne que des satisfactions lointaines et insuffisantes. Au lieu de la paix qu'ils devaient acbever, ils réveillaient la guerre'. Ce n'état point un procès soumis à l'avis de juges impartiaux, mais une partie liée entre certains souverains, où, sous prétexte de conciliation et d'arbitrage, chacun recherchait son propre avantage. Il ne s'agissait point d'équité, mais des droits du plus fort; et ces droits-là ne se règlent que par la guerre. C'était la conclusion naturelle de ce système, soi-disant pacifique.

La nation et les ])olitiques en France ne s'y trompèrent point. On s'y inquiétait de voir la guerre rallumée entre l'Empereur et l'Espagne. On pressait le Régent de s'interposer : « Il avait des raisons personnelles d'engager le roi d'Espagne et l'Empereui- à prendre de solides mesures pour assurer la liberté de l'Italie. En s'écartant de cette maxime, il s'exposait à s'aliéner toute la nation-. )) Le bruit s'était répandu à la cour et dans le public qu'au mois de juillet, il s'était montré disposé à traiter avec l'Empereur, malgré et même contre le roi d'Espagne : là-dessus le déchaînement avait été horrible. On tenait des discours scandaleux contre le gouvernement qui sacrifiait les intérêts traditionnels de la France à la Maison d'Autriche^. On était à Paris alors, comme on le resta tout le xyu!"^ siècle, /'urieiisenwnl <inli-

1. On n'a [tas assez roinai(|ii('', loiscinOii irprlc ([iic la 'l'ii|tli' Alliance izaranlissait les traités d'Utrechl (lu'eile n'en rappelait (]ue certains articles, ceux des Successions. Klle rcslreignail iloiic l'u-uvre iorniée à L'trechl. au lieu de la compléter.

2. Le Ré-renl à Duboi-s, 13 octobre 1717 (A. KTR.,Ani,^, t. \m, f. 1G3-172).

3. Nancré à Dubois, 22 septembre 1717 (A. l'JTR., Ang. ibid., 1° 52-54).

Page 1