Tome I
â26 SIX MOIS DE TRÊVE (JUILLET-DÉCEMBRE 1717)
avec le ministre prussien Kniphausen qu'il avait vu en Hollande, et le principal ministre de Frédéric Guillaume I^"", Ilgen, L'entrevue eut lieu à Ziethen. Gœrtz offrit au roi de Prusse des sacrifices importants : Stettin, pourvu qu'il aidât Charles XII à reprendre Brème et Verden aux Hanovriens, et toutes les provinces baltiques sauf Pétersbourg aux Moscovites'. On vit ensuite le ministre suédois passer en Saxe où il essaya d'exciter le ministre du roi de Pologne et de Saxe à la fois contre le Hanovre et contre la Russie-. Il lui fallait opposer des alliés à l'Angleterre et au Hanovre : il les demandait à la Russie, à la Prusse, à la Saxe, essayant de diminuer par leurs jalousies et leurs défiances communes les conditions qu'elles lui feraient : « Il était occupé du soin de semer la discorde^. »
L'alliance conclue le 15 août 1717 à Amsterdam entre la France, la Prusse et la Russie, pour procurer la paix éventuelle du Nord, simple échange de politesses et de bons rapports, ce que la cour de France appelait un « simple traité de bonne correspondance » ne gênait guère les plans de Gœrtz. Dès le mois de septembre elle n'existait plus ^ : en revenant dans son empire, Pierre le Grand s'arrêta à Berlin et séduit par les offres de Gœrtz, mécontent de Tamitié du Régent pour les Hanovriens, il n'avait pas tardé à persuader au roi de Prusse une politique défavorable aux espérances du roi d'Angleterre, favorable au Mecklembourg et à lui-même. Nouvelle menace de conflit, sinon d'une crise immédiate pour l'année qui venait.
Ce fut alors que Dubois conseilla au Régent d'employer cette trêve provisoire du Nord et du Sud pour la transformer, s'il était temps encore, en une paix stable, sa seule ressource dans cette
1. Droysen, IV, 'i, I, p. ?0S.. — l-Ixtraits des articles proposés par ligcn et repoussés i»ar Gcerlz aux AIT. litrangères (Prusse, t. 57, f* 50 et 51).