‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 139 sur 246 · Saint-Simon, Mémoires (édit. Chéruel, XVIII, p. 28G · texte numérisé non relu

Saint-Simon, Mémoires (édit. Chéruel, XVIII, p. 28G

3. Cli(''ruol. L'ahbé I)uh(ils et Sainl-Sinion [Revue Hislorique, t. I).

4. Voltaire, li^troà Tiiériot, 14 avril 1732 (Correspondance (jénérale, I, p. 255).

5. Flassan, Hisloire de la diplomatie française, V, p. 114; Revue des questions hisluriques, 1888, t. 44; A. Proust, République française, 1876.

Chavigny, d'une grande famille très connue et éteinte. Làdessus, courtisans de l'accueillir, de le présenter au Roi, lui et son frère, de leur obtenir à l'un une abbaye, à l'autre une charge militaire. Un beau jour la supercherie se découvrit : Louis XÏV leur ferma la cour, et les deux frères, effondrés, allèrent en Hollande faire le métier de nouvellistes, où Torcy les retrouva et les employa aux négociations d'Ulrecht^

L'anecdote de Saint-Simon est confirmée par Torcy qui devait plus que personne être au courant : « Il avait essuyé, dit-il, des aventures fâcheuses qui n'étaient pour son honneur que trop connues du public -. » Nul doute non plus, qu'il n'ait été, de 1712 à 1713, à Amsterdam, employé à rendre compte aux ambassadeurs du Roi au Congrès, des dispositions pacifiques qu'il encourageait dans cette ville : nul doute que ce ne le fût à l'insu du Roi qui leur retira leur commission de nouveau, dès qu'il l'apprit, brusquement^. Si Louis X\\ lui consentit plus tard une gratification, ce fut à condition de ne jamais le revoir en son royaume.

En 1717, Chevignard, le faux Chavigny, n'avait pas effacé encore par ses services la tache de ses origines. 11 était dans l'isolement où on laisse les gens tarés. Le maréchal d'Huxelles, qui l'avait connu au Congrès, l'employait, mais avec prudence. C'était ainsi un failli, en tout cas un déclassé qui, en 1717, rapprochait Dubois et le ministre des Affaires Etrangères. Ils en étaient

1. Saint-Simon, Mrmoires (édil. de Boislisle, I. XIX, p. 23; M. Marais, Mémoires, I, p. 364 î. « Cet envoyé s'appelle Chavigny et s'est dit. avec son frère dïinc grande maison dont ils ne sont pas, et dont ils ont eu toute la honte sur la lin du règne de Louis XIV où celte imposture éclata. Cependant comme ils sont intelligents en matière de négociation on s'est servi d'eux. » 1! ajoute : cette note est dans Deloui-ny {Uisloire générale, II, p. 1633). « Mise par un homme sage, elle est tei-riblc. Il faul bien des amixtssades pour l'e/facer. »

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