‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 140 sur 246 · Torcy, Mémoires inédils. II, f · texte numérisé non relu

Torcy, Mémoires inédils. II, f

3. Chavigny à Torcy. Remarques sur l'étal des villes de Hollande (A. ETR., Hollande, t. Q^4-2m. 1714-1715:. Le 6 août 171"), Chavigny reçoit un coup de foudre. Il est (lisgrAcié de iidiivcau. H dfiii.uidc à retourner en l'r.iiicc pour iiii'iirr une vie philosophifjue et supphe Tony île ne pas l'abandonner. Le l'y août 171."j il se lend à Bruxelles: son frère a été emprisonné (A. ÉTR., Hollande, t. 284). Le 18 août il veut aller à Paris rendre compte de ce qu'il a fail ilans son petit ministère (A. ÉTR., Hollande, t. 28.5). .\ucune explication ni ilc lui ni de Torcy sur les causes de cette disgrâce subite. Elh; vient du Roi, ils en connaissent tous deux les motifs. Après la mort du Roi, son frère est i-emis en liberté 7 octobre 1715) el l'(m perd leur trace. (Voir dans Boislisle, Mémoires de Saint-Simon, t. XIX, .\ppendice. ime notice très complète et presque définitive sur les Chavigny).

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là l'un et l'autre. L'abbé parlait de Chavigny dans ces termes : « Un monsieur de Chavigny )),avec une nuance de mépris'. Mais il l'engageait à son service. Et d'Huxelles le recevait. C'était un de ces hommes qui se raccrochent à tout, chez qui la dignité ne vient qu'avec la fortune, un type de ces ambitieux sans scrupule qui font tort aux hommes qui les emploient et rendent suspectes les affaires auxquelles ils se mêlent.

Encore, si l'intervention de Chavigny, si la réconciliation de Dubois et d'Huxelles, leur collaboration même avaient eu l'avantage de mettre un terme à cette contradiction funeste pour la France des deux diplomaties officielle et secrète, le contrat, malgré ses défauts, aurait été en partie justifié.

Mais il ne fut pas plutôt signé, que les deux parties se préparèrent à le déchirer. Chacun se reprit à travailler de son côté. Au lieu de deux diplomaties, il y en eut trois qui se contrarièrent : celle du Régent, officielle désormais; celle du maréchal d'Huxelles, secrète, et celle de Dubois avec le Régent et ses amis,/>/«s secrète encore.

Le maréchal d'Huxelles et ses alliés de la vieille cour, comme on les appelait, le maréchal de Tallard, le duc de Beringhen, le duc d'Aumont ne pouvaient se résigner à réduire l'Espagne à la paix par un accord avec l'Angleterre et l'Empereur, qui modifiait leurs habitudes et choquait leurs préférences. Ils n'avaient pu refuser au Régent leur concours ; mais ils n'osaient pas davantage, pour l'avenir, le retirer à Philippe V.

Ce fut alors qu'ils écoutèrent les suggestions d'un personnage singulier, toujours en quête d'intrigues et d'aventures, l'Anglais Peterborough, le chevalier errant'-. Ce whig passionné et turbulent, après avoir servi l'archiduc Charles dans la guerre de Succession, lui en voulait à mort de l'avoir abandonné alors en Espagne'*. Quoiqu'il eût reçu du roi Georges L'" des marques

1. Dubois à Nanoré, 5 octobre 1717 {\. ËTR., Espagne, t. 25'.)).

2. Voltaire, Siècle de Louis XIV .édit. Hacbette, in-12, p. 3t)U .

3. Le seul ouvrage criticfue publié sur Peterborough est celui de Stebbing, Peterboroufjh (London, 1890 , dans la collection des Men ofaclion Séries. Le volume plus ancien publié en 1853 à Londres en 2 volumes, A Meinoir of Ch. Mordaunt Earl of Peler'torough est une sorte de roman où se trouvent quelques documents

éclatanles de faveur, il poursuivait sa vengeance contre l'Empereur et ne pouvait durer en placée On le vit à Paris, en décembre 1714, reçu à Marly avec distinction par Torcy, par Louis Xn , se lier d'une amitié étroite avec le duc d'Aumont que le Roi avait chargé de lui faire honneur"^. On l'y revit, au début de Tannée 1716, négociant avec Stair une alliance de la France et de l'Angleterre contre l'Empereur et les Stuart'^. Il demandait au Régent rexjudsion du Prétendant et l'envoi à Londres, comme ambassadeur, du duc d'Aumont, son ami. Le Régent, le 21 mars 1710, consentit à la première partie de ses propositions et rejeta la seconde. C'était Dubois qui devait avoir l'honneur de conclure l'alliance que Peterborough préparait : « le traité passa en d'autres mains* ».

L'Anglais ne se tint pas pour battu ; quand il sut, par d'Aumont avec qui il était resté en relation, que son parent, le maréchal d'Huxelles trouvait l'Angleterre et Dubois trop favorables à l'Empereur, il crut tenir enfin sa vengeance. Dans l'intervalle il avait connu en Angleterre le ministre du duc de Parme, le comte Gianangelo Gazzola, qu'au retour de son ambassade en février 1716, le duc François Farncse nomma gouverneur de la ville de Plaisance"'. Peterborough imagina de former, avec lui et son maître une ligue générale desRourbons et des princes d'Italie contre 1 Empereur: l'idée était ingénieuse. Le duc de Parme en serait le pivot et l'Ame. Les Farnèse procureraient au Régent la Renonciation de Philippe V au ivnuv de France, et par le concours du Régent, à Philippe V toutes les provinces italiennes qu'il avait perdues. Au mois de juillet 1717, Peterborough avait fait accepter à d'Huxelles et au Régent l'idée « cVuna (tniicizid sinzera con il re cVEspai/na roUivuta da S. A. S. Franccsco Farncse ». 11 se préparait à aller en ajuster les détails

authcnliciues : lo peisonn.ige y prôlait. Macaulay a lail aussi un Itcau iKulrail {lo lui dans son Exsui sur la. Succession d'Espagne.

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