Idem, idem
du Roi la riche capitainerie des Gardes Suisses, et établi sous la Régence, tout à fait sa fortune ^ Aux yeux de Dubois, il avait enfin l'avantage d'être au mieux, et depuis longtemps, avec M. de Torcy dont les conseils et l'autorité en matière d'affaires étrangères étaient précieux^. A mesure que l'abbé s'élevait davantage, il avait besoin de confidents plus haut placés. « Souple, ployant, intelligent )),Nancré se trouvait à point ^. Dubois le chargea, à son départ pour Londres, de surveiller les hommes qui avaient le plus d'inlluence, le maréchal d'IIuxelles, Noce, le maréchal de Tallard et Torcy. Il lui confia la mission d'éclairer le Régent sur les ennemis qu'il avait dans son entourage. Nancré lui procurait en outre des mémoires de jurisconsultes sur les affaires litigieuses, des renseignements sur celles d'Espagne et du Nord. Enfin, à l'occasion, il devait faire parler M. de Torcy « sur les affaires épineuses où un bon conseil, comme le sien, élait utile * ». Les plus grandes précautions furent prises pour que le secret de leur correspondance ne fût pas découvert. Les personnages importants y étaient désignés par des noms de guerre. Le plus piquant était celui que l'on attribuait au ministre lui-même : pour ses projets chimériques sans doute, on l'appelait le poète. Torcy se reconnaissait au nom de son beau-fi"ère, Saint-Pierre. Le maréchal de Tallard, Nancré et Noce endossaient les noms d'une famille de Rretagne, les Guérins de Saint-Rrice qui reçurent en 1715 le marquisat de Lamarche en Rassigny. Nancré éliùl Saint-Brice, Noce Lamarche et Tallard Bassifjni/'' . Des courriers particuliers de Dubois devaient porter ses lettres à Nancré, et celui-ci remettre les siennes au neveu de Dubois pour qu'il les lîl tenir à Londres''. Enfin Nancré devait bien se garder, en entrant dans les appartements secrets du duc, d'être vu par son premier valet de chambre, Imbcrl. On s'c'iait assuré d'un autre, Desbagnels'.