Voir notre Introduction, chap. m
â44 SIX MOIS DE THÉVE (JUILLET-DECEMBRE 1717)
La plus précieuse de ces amitiés était celle de Stanhope, alors au plus haut poiut de la faveur. Ses premières visites officielles achevées, Dubois s'ouvrit à ce (^^ philosophe homme de bien » , homme d'Etat aussi, de cette sorte de politiques qui était peu commune encore en France, qui le devint extrêmement ])ar la suite, à l'imitation de l'Angleterre. Dubois ne craignit pas de lui révéler les embarras de sa situation, le sentiment iiniverset de ta nation française conivc le Régent, s'il donnail les mains à une alliance avec l'Empereur, « à un accommodement palliatif où rEs})agne ne serait pas assez ménagée* ». 11 le trouva disposé à comprendre, fort attaché au Régent, prêt à conjurer l'orage, et à abandonner l'Empereur si ses exigences allaient trop loin. Les autres ministres anglais, Sunderland, en particulier, lui parurent dans le même état d'esprit. Les ministres hanovriens Rernstorfi" et Bothmar se déclaraient favorables ; mais Dubois se méfiait de ces Allemands qui, de leur côté, se défiaient de la France, et blâmaient ses démarches dans les affaires du Nord. « Je trouve ici toute l'affection possible pour S. A. R., écrivait Dubois à la suite de cette première inspection. Elle y est mieux servie que par ses ministres -. »
Avant d'entrer dans le détail de l'affaire, pour la discuter avec efficacité, les diplomates avaient besoin d'être renseignés sur les dispositions véritables de l'Espagne et de l'Empereur. L'abbé dut s'armer de beaucoup de patience. Avant son départ de Paris, il avait prié le Régent de lui faire tenir les nouvelles que le maréchal d'IIuxelles ou lui pourraient se procurer par M. de Chavigny. Le chevalier de Chavigny, comme on allait l'appeler désormais, ne s'était pas fait i)ricr, avec l'espoir de se procurer à la fois réhabilitation et occasion de fortune. 11 était venu en poste au début d'octobre, après avoir six jours attendu vainement que le maréchal voulût bien donner les éclaircissements nécessaires au négociateur français. De dépit et faute de mieux l'abbé avait dû se résigner'^ à prendre ses nouvelles ailleurs