‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 150 sur 246 · Dubois au Régent, 18 octobre 1717 (voir note · texte numérisé non relu

Dubois au Régent, 18 octobre 1717 (voir note

2o2 SIX MOIS DE TRÊVE (JUILLET-DÉCEMBRE 1717)

et sur laquelle la plupart des événements, grands et petits, peuvent influera » Il pouvait se rendre cette justice qu'il avait tout pesé, tout prévu, étudié le fort et le faible de chacun, mis en œuvre les ressources variées d'une activité infatigable.

Pentenridter arriva à Londres, le 1"' novembre, après un court séjour à La Haye, où il s'était persuadé que les Hollandais étaient prêts à loul, j)0ur humilier l'Espagne et servir les Habsbourg. Il venait ainsi, convaincu à tort par Cadogan, un général et un whig belliqueux, qu'il serait aisé d'entraîner à la guerre l'Angleterre et les Etats généraux, comme au temps de la grande coalition, très hautain })ar conséquent^. « C'était une manière de géant qui avait plus de sept pieds de haut, de la corpulence à peu près de sa taille, pétri des maximes et des hauteurs autrichiennes », l'auteur désigné d'un rôle de matamore^. II déclara très haut qu'il n'avait pas à traiter avec l'Espagne, et l'Empereur son maître encore moins, indignement insulté par elle et capable de se défendre « avec 50,000 hommes en Italie quand il le voudrait. II n'entrerait donc dans aucune négociation, si la restitution de la Sardaigne ne s'effectuait au plus vite'*. » Il ajoutait enfin ([uc la condition d'une réconciliation serait, après l'évacualion de celle île pour cliAtiment, en plus l'abandon de Majorque à son maître. C'était le ton ordinaire de la cour de Vienne.

Dubois ne s'en effraya pas autrement : il attendait, ])Our le radoucii', r(;lfet des représentations de Stanhope « un grand abréviateur qui lui parlerait fortement et le clouerait ».

Ces représentations furent faites aussi nettement, aussi vivement que le H('gent j)ouvait le désirer par le ministre anglais, ap[)uy<'' pai" l'abbé (pii, très haut à son tour, réclama une Hcnoncialion formelle i\o Charles ^ I à la succession d'Espagne. L'envoy<' du Hégent comptait sur l'efTet du petit cadeau qu'il destinait à l'envoyé im])érial. Il agissait encore auprès de ses amis de Hollande : Duywenworden, Buys, mécontents « des dineoius ini/)(''rieiix de /\'nU'nridier el de (Jado(/fin »^ très faxorabh'N à un

1. Dubois à Nancré, 1" novembre 1717 (A. KTH., Ang., I. 303, 1" 12'2).

2. Torcy, Mémoires inédils, II, f" 837; Sainl-Sinion (édil. Cbériicl, XI V, p. 232)

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