Ihid
Quelques jours après, ses doutes se précisèrent : « Il est étonnant que Monseigneur ait reçu des lettres d Espagne qui signifient quelque chose et écouté le" comte de Provana, envoyé de Sicile, et que Je ne sois en rien informé. » Comment se trouvait-il l^ii, l'homme de confiance, ne l'apprendre que par les ministres anglais, avertis par Stair à qui le Régent lui-même l'avait dit? Il soupçonna qu'il avait dû se former entre l'Espagne et la Sicile une négociation dont on l'excluait*.
Il ne se trompait pas : l'intrigue secrète, ménagée par le maréchal d'Huxelles, Peterborough et le duc de Parme entre la France et l'Espagne était à la veille d'aboutir, au gré du parti espagnol qui circonvenait le Régent. Le duc de Parme, qui l'avait prise en main, après l'arrestation de Peterborough, informa le Régent le 14 octobre 1717, que Philippe V était prêt à accepter le projet qu'il lui avait soumis : reconnaissance des droits du Régent à la couronne de France, des droits de Philippe ^' sur l'Italie; secours aux princes italiens contre l'Empereur-. Au même moment, le duc d'Orléans recevait une lettre d'Alberoni (kl 4 octobre, conforme aux assurances et aux intentions du duc de Parme : « L'avis qui m'a été donné par la personne que l'on sait m'a fait ressentir une véritable joie. S. A. R. a pris le vrai chemin qui peut assurer ses intérêts présents et à venir. » — « Le roi de Sicile, ajoutait-il, se déclarerait contre l'Archiduc, si S. A. R. voulait entrer en ligne. Ce sérail un l)0ii moyen de rendre son nom glorieux et immortel. » Alberoni, docile aux ordres des Farnèsc, priait le Hégent de confier à son ami JMonti, colonel réformé d'un régiment français, ses projets et de le renvoyer aussitôt à Madrid ''.
C'était dans la politique secrète de la Régence un changement de front com))let. Le Régent (kMiiaiidait dabord à l'h^sjiagne la confirmation de ses droits au trône de l'rance, au lieu de la solliciter à Londres de l'Empereur et de l'imposer ensuite à Phili])))(; \' Puisque la cour de \'ienne se faisait laiil prier pour
1. I)u|)ois ;'i .X.iiidv, l novciuhrc 1717 A. l';'!'!!. , Aiiy., I. :}(i;>, I'" 173'. "2. Le duc de l'arme au Uéf^ent A. KTH.,Pai-nie, t. 0, 1" 4(j;. 11 lui aiinoiice par les avis d"Espat(ne le i)rochain succès de la néKocialion. 3. Alberoni au Régent, 4 oclujjre 1717 (A. KTU., Lsp., t. 2C)0, f" 12(>-127.