‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 153 sur 246 · MANÈGES DE LA VIEILLE COUR ET DES FARXÈSE A PARIS · texte numérisé non relu

MANÈGES DE LA VIEILLE COUR ET DES FARXÈSE A PARIS

renoncer au trône d'Espagne, et pour donner à Philippe V les sûretés en Italie qui le dctei'niiuaient à renoncer au trône de France, pressé d'assurer la paix et ses droits, le duc d'Orléans se disposait à suivre la voie que lui ouvrait le duc de Parme, à ralentir la négociation avec l'Angleterre et l'Empereur, « et à former une lifjne avec le roi d'Espagne, le roi de Sicile et les princes d'Italie pour contenir les Allemands dans de Justes bornes^ ».

Ce projet, comme celui qui se négociait à Londres, pouvait l'entraîner à une guerre. Dans la pensée des Farnèse et du roi de Sicile, toute cette négociation avec le duc d'Orléans était la préface et la condition d'une action énergique contre l'P^mpereur en Italie*. Mais le projet de Londres, parles mesures d'intimidation que Dubois avait acceptées, n'avait-il pas, dans la pensée des Anglais et des Imi)criaux, le même objet? Le Régent redoutait ?ivec raison « qu'elle ne donnât lieu au renouvellement de la guerre^ ». Quelle différence entre une guerre contre l'Espagne qui serait en France très impopulaire et une guerre contre l'Empereur qui « aurait au contraire l applaudissement de toute la nation » I

Sans doute, le duc d'Orléans eût préféré à une guerre nouvelle, quelle qu'elle fût, la reconnaissance pacifique de ses droits. « La paix et nies droits », ne cessait-il de répéter à Dubois. Aux ' offres séduisantes du duc de Parme et de l'Espagne, il répondait aussi : (( Il nous faut la paix pour rétablir l'épuisement de nos finances^. » Mais, s'il devait faire ce sacrifice à des Alliés, le

1. Le Régent à Dubois, 1^^ novembre 1717 (A. ÉTR., Ang., t. 302, f" 62).

2. Alberoni au Régent, 8 novembre 1717 : a II faut faire des efforts et prendre toutes les résolutions avec supériorité et considérer que la conjecture présente peut assurer à l'avenir le repos de l'Europe, les convenances de la France et celles de V.A.R.n (A. ÉTR., Esp., t. 263, f° 85-86). Alberoni au duc de farme, 25 octobre 1717. » lo credo che li Inglesi si trovanno molto imbarrazzati è se la personne consaputa (le Régent) volesse dire dadovero, starebbero sempre più imbarrazzatti » fA. Nap. P'arnesiana, 1. 59). Saint-Aignan au maréchal dlluxelles, 1" novembre 1717 : « .Vlboroni offre à la France une partie des Pays-Ras, si le Régent veut mettre à sa disposition 25,000 hommes, et favoriser les ambitioqs de l'Espagne et des princes Italiens. » (A. ÉTR , Esp., t. 260, f° 236).

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