‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 162 sur 246 · Seilhac, L'abbé Dubois, II, p · texte numérisé non relu

Seilhac, L'abbé Dubois, II, p

3. Colonel Stanhope à .lames Stanliope, Madrid, 15 novembre 1717 'Coxe, Bourbons d'Ëapugne); Torcy, Mémoires inédils, II, f" 1028; Sainl-Simon, XIV, p. 271;.

riaux les avantages des offres que leur faisait le duc d'Orléans : « Tandis que la faction espagnole de Paris ne songeait qu'à faire la guerre à l'Empereur, à lui mettre toute l'Europe sur les bras, à attaquer peut-être la Flandre dégarnie, le Régent lui proposait son concours pour lui procurer la Sicile, et réduire l'Espagne*. » Sans doute le duc d'Orléans mettait à son alliance des conditions qui pouvaient déplaire aux Habsbourg : mais que lui importaient les fermes mêmes de la Renonciation, s'il était résolu à laisser en fait l'Espagne à Philippe V ? Et quant à la succession de Toscane, qu'on lui demandait d'assurer aux fils d'Elisabeth Farnèse, elle était encore fort éloignée : par ses Etats italiens du Nord et du Sud, il pourrait toujours tenir en bride cette nouvelle possession espagnole. « On n'obtient rien sans rien », concluaient-ils-. Et, pour prouver mieux encore à Charles VI sa bonne volonté, Georges 1" demanda au Parlement, le 3 et le 17 décembre 1717, les sommes nécessaires pour mettre la marine anglaise sur le pied de guerre dans la Méditerranée. Les Anglais préparaient la guerre contre l'Espagne '^

Dans ces conditions, quand l'abbé Dubois retourna à Londres, à la fin de 1717,1a deuxième fois, on aperçoit mal ce qu'il pouvait faire pour changer la guerre demeurée ouverte entre Philippe V et Charles VI en une paix durable. Il y songeait rarement. Ce qu'il demandait aux Anglais et aux Impériaux immédiatement, c'était la Renonciation de TEmpereur à la couronne d'Espagne, comme une garantie nécessaire des droils du RégenI à la couronne de France. Il était prêt à payer cet avantage essentiel jujur la Maison d'Orléans d'une violation évidente des traités d'Utrccht, et de la neutralité de l'Italie, d'un échange, en faveur de l'Emj)ei"eui', de la Sardaigne contre la Sicile. 11 ne laissait à l'Espagne et au parti espagnol en France ({ue la promesse lointaine d'une succession douteuse en Italie. C'était toujours la même perspective, d'une guerre prochaine et impolitique contre l'Espagne, si Philippe V reliisail, et le même danger, pour le Régent, s'il en

1. Schaub à Sainl-Saphorin, 14 décemlne 1717 (A. KTR., Ang., 1. 303. f" 193); Slanhope à Slair, 2 décembre 1717 [Idem, f" 115'.

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