Tome L
Ce fut dans ces conditions qu'au mois de février 1718 il accepta les bases du traité que lui proposait l'Angleterre avec l'Empereur. Après avoir fait d'ajjord certaines concessions à l'Autriche, en novembre 1717, Stanhope, parla crainte de perdre l'alliance du Régent qui avait failli lui échapper, était décidé à en consentir au duc d'Orléans d'essentielles. Il demanda le, 20 janvier, que Cliarlcs VI s'engageât à renoncer définitivement à la monarchie d'Espagne, au profit des Bourbons et, après eux, de la Maison de Savoie : en retour de quoi, le Régent et Georges I" s'engageaient, par un article secret, à le mettre en possession de la Sicile, que l'Espagne y consentît ou non. Il fallait aussi que l'Empereur promît à un fils d'Elisabeth F'arnèse l'expectative de la Toscane : on lui accordait, en échange, que Pise et Livourne en seraient détachées pour former une république vassale de l'Empire; et que la Toscane et Parme seraient déclarées et demeureraient fiefs impériaux*.
Le projet, ainsi rédigé une troisième fois par Stanhope, fut remis par lui à un jeune Suisse de Bàle que Stanhope avait déjà employé dans ses négociations à Vienne, et qu'il avait gardé à son service, Schaub, « fort an courant de toute cette affaire et des dispositions de ta Cour de Vienne- ». Cet agent fut chargé de porter le texte d'abord à Paris; après l'avoir soumis au Régent, il devait repartir pour Vienne, afin d'obtenir, par ses instances pressantes, l'adhésion de l'Empereur.
Schaub arriva à Paris le 8 février 1718, avec le plan et une lettre de Stanhope, rédigée à Londres le 3 février^. « Le Régent, disait-il, verra par ce plan avec quel soin le Roi s'est appliqué à donner, en ce qui est de la Renonciation, toute la force possible à ses titres. » C'était bien le point capital et l'objet essentiel de cette négociation. Prévenu d'avance, })ar Dubois, des clauses qu'on lui proposait*, et averti par lui de « ne céder ([u'à toute extrémité sur