Le même au même, 14 février 1718 [Ibid., t. 315, f
7. Dubois à Dubourg, 18 février 1718 (A. KTR., Ang., t. 315, f" 172). Les leUres de Dubois pour cet agent passaient par la Hollande et Finterniédiaire de Basnage : Dubois à Basnage A. ÉTI{ , Ang., t. 315, f- 175,.
C'était un signe, pourtant, qu'il fût réduit à n'employer que lui.
Il fallait en même temps à Dubois, en Espagne, un agent sûr et capable, s'il en était temps encore, de déterminer l'accession du roi d'Espagne et de convaincre Alberoni. L'ambassadeur officiel, le duc de Saint-Aignan ne pouvait être d'aucun usage. Dubois connaissait ses intrigues à Paris avec Louville et Longepierre, en Espagne avec les grands seigneurs mécontents*. «Notre manège continue en Espagne, lui disait Nancré, au point qu'ils veulent demander le rappel de M. de Saint-Aignan, et je ne crois pas qu'on en veuille démordre, je dis de la continuation du manège, dont il me paraît qu'on veut me dérober la connaissance-. » Un tel ambassadeur ne })ouvait servir Dubois, et encore moins convaincre Alberoni.
Quand Dubois quitta Paris, il avait désigné au Régent l'homme de son choix, le marquis de Nancré, son collaborateur, l'élève de Torcy et l'ami de son maître. De Londres, pendant les premiers mois de l'année 1718, il ne cessa de réclamer son départ '^ Nancré témoignait beaucoup de bonne volonté et d'empressement, mais il était d'une mauvaise santé ; il lui fallait, en voyage à l'étranger, tout le nécessaire pour ses petites commodités personnelles*. Le 16janvier 1718, il envoya devant lui ses bardes et son domestique, au risque d'une dépense perdue, afin de ne pas relarder par sa faute la négociation"'. Il prit, il sollicita les instructions de Dubois, à plusieurs reprises*' : Dubois les lui adressa le 5 février 1718', et l'engagea en même temps à consulter Schaub qui allait passer par Paris, « aussi compétent sur les affaires d'Espagne que sur celles de Vienne** ».
L Sur ces; inlriguos, voir notre tonio II, le Secret des Fantèse.
2. Saint-Brice (Xancré) à Dubois, H janvier 1718 A. LTl'.., Ang , t. 314, 1' 41) 21 janvier 1718 {Ibid., ib., ï" 165).
3. Dubois à Nancré, 6 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., I. 314. l" 27).
4. Nancré à Dubois, 11 janvier 1718 (A. KTR.. Ang., t. 314, f» 41).
r>. Le même au même, 14 janvier 1718 [Ibid., t. 314, f" 58); 15 janvier 1718 (//>/>/., t 314, f" 60).
G. Le même au même, 21 janvier 1718 {Ibid., l. 314, 1' 167); 22jan\iii' I7ls [Ihid., t. 314, f" 173) ; 28 janvier 1718 [Ibhl., t. 314, 1" 282).
7. Dubois à Nancré, 5 février 1718 (A. I^TR , .\ng., t. 315, 1" 37; les instructions sont des i"' 38 à .53;.
8. Dubois à Nancré, 25 janvier 1718 A. ÉTR,, Ang., t. 314, l' 273).
LES AMIÎASSADEIRS DU SECIŒT Dl UKC.K^T 297
Ce fut le maréchal d"IIiixelles qui relarda Nancrc autant qu'il put : il nourrissait toujours l'espoir qu'Alberoni suivrait la voie de la négociation secrète que lui avaient un instant ouverte Peterborough, le duc de Parme et le Régent lui-même ^ Il ne désespérait pas d'une entente avec l'Espagne. 11 escomptait le retour de Monti de Madrid, et les propositions pacifiques qu'il pourrait en rapporter. On l'attendait dans les premiers jours de février-. Son retour fut pour d'IIuxelles une déception et le coup de grâce de ses intrigues : il ne rapporta que dea f/ênéralilés insignifiantes, rien de précis, des déclarations vagues d'Alberoni qui sentaient la guerre prochaine^.
Dans ces conditions, d'Huxelles se résigna à laisser Nancré emporter les derniers arguments capables de vaincre l'entêtement du roi d'Espagne, surtout l'offre de Gibraltar. « Partez sans aucun délai, lui écrivait Dubois, le 21 février, vous courriez risque de perdre le plus puissant de tous les moyens, qui est le temps propre à agir ; je ne sais même si le retardement de votre voyage et la publicité de ce qui se fait vous permettront de suivre l'arrangement que nous avions médité. » Le besoin s'affirmait chaque jour d'un agent à Madrid, capable d'intimider cette cour ou de la convaincre. Muni de ses instructions, initié à .son secret, Nancré partit enfin le P'"" mars 1718'*.
L'abbé avait ainsi, pour la négociation décisive qui se préparait secrètement, réuni et formé à travers toute l'Europe son personnel : Basnage et Morville à La Haye, La Marck à Stockholm, Hooke à Berlin, Schaub à Vienne, Nancré à Madrid. 11 correspondait directement avec chacun d'eux, leur donnait ses avis, réglait leurs démarches sur le plan qu'il formait à Londres, dans les bureaux de son ministère secret, avec les lumières et le concours des Anglais et de Torcy.
On conçoit ce qu'une négociation aussi générale, ainsi orga-