‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 185 sur 246 · Voir tome II, Le Secret des Farnèse · texte numérisé non relu

Voir tome II, Le Secret des Farnèse

2. Xancré à Dubois, 21 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314 f" 167;; Monti à d'Huxelles, 10 janvier 1718 (A. ÉTR , Esp., t. 267, f» 21).

3. Nancré à Dubois, 14 février-18 février 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 315, f^' 76, 155, 158; Celiamare. Mémoires, 1" partie, f" 168;.

4. Dubois à Nancré (A. ÉTR., Ang., t. 315, f 192 . — Noce à DuI)ois, 4 mars 1718 A. ÉTR., Ang., t. 315, f 194).

nisée, exigeait de soins et de peine *. La correspondance de Dul^ois pendant le mois de janvier et de février 1718 ne comprend pas moins de trente lettres avec Nancré, des lettres souvent très longues, des instructions qui n'ont pas moins de vingt pages; dix lettres avec Basnage, cinq ou six lettres très étendues avec La Marck, des correspondances très régulières avec les érudits et les spécialistes parisiens qu'il consultait, avec Rottembourg, Morville et Schaub, Du Bourg môme. Et ce n'était pas tout : éloigné du Régent, forcé de solliciter son avis-, de presser ses décisions, de déjouer les intrigues de ses ennemis, parfois aussi de gourmander sa paresse, « étrange dans une affaire qui l'intéressait si fort ^ », Dubois devait lui écrire sans cesse, quelquefois plusieurs jours de suite.

Il lui fallait encore assurer son crédit auprès d'un prince mobile, aussi hésitant dans ses amitiés que dans ses décisions. L'abbé trouva un secours précieux dans Nancré qui lui servit de correspondant, au mois de mars, dans Noce son successeur, l'ancien confident du secret de Hanovre '*. Il devait leur écrire à tout propos pour diriger leurs démarches.

Il se servait aussi, pour répartir à Paris ses instructions et ses commissions, de son neveu dont nous savons le zèle et la fidélité : (( Vous ne faites pas, disait Nancré, assez d'usage de votre neveu, qui commence à être très instruit de l'affaire présente et qui a le sens très droit sans compter son exactitude''. Sans que Dubois osât l'employer officiellement, le neveu devint à

1. Le 23 mars 1718, Dubois ('Ciivait au Régoiit : << Ounicpril paraisse peu de chose (le ce <jue je fais et que peut-être ce soit rien, je suis si occuj)é (pie je n'ai pas le temps de respirer et de dormir. » (A. KTR., Ang., t. 317, [•- Vî'i, 132.)

2. " Oue S. A. U. j)renne une résolution ijicui ferme : si on me fait man(|uer cette alfaiie par indiscrétion ou par malice, je me donnerai sur-le-champ la i^ermission de repasser la mer et de ne m'en mêler jamais. » Dubois à Saint-Brice (Nancrél, 10 janvier 1718 (A. ÉTR., .Vng., t. 314, f» 83 .

3. Dubois à Saint-Brice, 15 janvier 1718 A. KTR., Ang., t. 314. f" l.")7; : « Ouoiciue j'aie pris la liberté de lui écrire souvent, je n.ii rien lecu de sa part, je suis d'une ignorance et dans une incertitude <|ui font i)itié. Il y ,i longtemps que j'ai dit que tout était aventuré, (luand celui qui gouverne nielles plus petites choses à la place des grandes. »

A. Sainl-Rrice à Dubois, 24 février 1718 (A. KTR., Ang., t. 31.",, f-' 197). 5. Le même au même. 25 février 1718 ilbid., ihliL, f* l'J8).

AMBITIONS ET PROGllAMME DE DUBOIS (MARS 1718) 299

Paris l'homme de confiance, utile à tout faire, sauf à rédiger, ce qu'il ne put jamais faire assez bien à son gré ^

On est étonné de la somme de travail que dut alors dépenser Dubois pour instituer définitivement son système et son personnel. Ce qui ne surprend pas, c'est de le voir au début de 1718, à son retour de France, où il avait dû faire le métier de courrier, tomber malade : une violente attaque de toux, de rhume et de fièvre'^, nécessité de garder la chambre, de consulter Chirac par son neveu ^. «Le grand remède, c'est le repos», lui disait-on. Etde fait, l'abbé répétait : « Ma plus grande fièvre, c'est un travail excessif pour le service de Son Altesse Royale ; tout cela me fait craindre ou espérer une catastrophe pour ma fragile machine. Ce serait sans regret, si j'avais contribué à mettre en sûreté et en repos mon pupille, à quoi je borne mon ambition'*. »

Il ne faut jamais croire Dubois qu'à demi : il attendait de sa peine d'autre récompense que le succès de son élève. Nul doute qu'il eût dès lors formé le projet de simplifier à son profit, le gouvernement compliqué du Régent, de s'élever ainsi de la condition de ministre secret au rang de ministre officiel. Dans cette vue, il avait lié partie avec Law qui poursuivait le même objet. Saint-Simon l'affirme^, et la preuve en est dans un mémoire que l'abbé remettait alors à Law pour le Régent : (< Sur la nécessité de constituer son gouvernement sur un plan simple, commode. Dans cette vue, il fallait écarter des principales places les gens de haute volée et n'employer que des personnes sûres ayant tout leur intérêt dans un dévouement absolu à Son Altesse Royale*''. » Sous ces remarques générales, il n'est pas

1. Dubois à son neveu, 3 janvier, 15 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314, f" 13); 4 février, 17 février 1718 {IbuL, ibid., F 127, 308); 21 février 1718 {IhicL, t. 315, f"' 165, 183). Neveu de Dubois à Dubois, 15 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314, f» 62) ; 19 février 1718 [Ibid., t. 315, f 110) ; 4 mars 1718 [Ibid., t. 315, f" 292). M. Aubertin a donné des extraits piquants de cette correspondance familière [L'Esprit public au XVIII' siècle, p. 103 à 109).

2. Dubois à Saint-Rrice, 20 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., f. 314, f» 231).

3. Dubois à Ra^nage, 25 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314, F 273). Neveu de Dubois à Dubois, 4 février 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314, f- 308-309).

4. Dubois à Saint-Rrice, 20 janvier 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 314. f» 2311; 25 janvier 1718 [Ibid., ibid., f» 275j.

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