Bothmar. Ibid., p
4. Chavigny à Dubois, 5 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 316, f° 197) : il a vu Stair qui lui a dit qu'à Vienne il y avait deux partis, l'un celui de Zinzendorf, disposé à accepter le projet, l'autre, du prince Eugène, très hostile. — M. d'Arneth affirme sans preuve, que le prince Eugène resta toujours disposé à écouter les Anglais (Bothmar, Ibid., p. 248 ; Priuz Eugen, 111, p. 8).
f). Bothmar, Mémoires, p. 248.
6. Dubois au Régent, 6 mars 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 31G, f° 12 .
7. Le Régent à Dubois, le 16 mars 1718. [Ibid., ibid., p. 83^.
concert avec les rois d'Espagne, de Sicile et de la Grande-Bretagne, pour s'opposer aux desseins de la maison d'Autriche. 11 faudra user des forces de terre et de mer de l'Espagne. » Pourtant, il espérait qu'on n'en viendrait pas là, et que l'Empereur se résignerait à des concessions. Le comte de Bonneval lui donnait bon espoir*. Dubois, persistant à douter, suppliait encore une fois son maître de faire une réflexion sérieuse sur le parti qu'il faudrait prendre, si l'Empereur refusait le projet. « Cest une délibération délicate, ajoutait-il ; sous sommes à la crise, il faut achever le moins mal qu'il se pourra, sans piailler'^. »
De deux choses l'une, ou éviter la guerre en rétablissant la liberté de l'Italie, les droits d'Elisabeth Farnèse en ce pays et ceux du Régent au trône de Fi'ance, ou, si l'on ne pouvait empêcher Alberoni de pousser sa pointe, faire une guerre auxiliaire en Italie, en prenant de bonnes mesures pour rassurer l'Empire sur les Etats d'Allemagne que la France pourrait attaquer, l'Angleterre et la Hollande sur les Pays-Bas. Dubois conclut pour le second parti.
C'est alors véritablement en cet embarras que se trahirent ses vues secrètes et le faible de son système. Que n'avait-il pas dit de la nécessité et des avantages de la paix pour le royaume ? Il semblait qu'en négociant depuis un an un accommodement entre l'Empereur et l'Espagne, il se proposât uniquement d'éviter une guerre inutile et funeste à la France. Incapable d'accommoder les belligérants, ce qu'il offrit pourtant alors au liégent, ce n'était pas la neutralité, c'était la guerre. Et il donna ses raisons très franchement: le })r()lit de l'accommodemenl, disait-il, c'était non pas la paix, mais la confirmation des droits de son maître'. Du moment où cette voie pacilique paraissait fermée délinitivement, le moyen d'atteindre le but, ce n'était pas la neutralité « qui laisserait Son Altesse Boyale dans un état très douteux, l'excluerait des deux Renonciations (}ui {)euvent atfei-mir ses droits », mais la
L Le neveu de Uuhois .-i Dubois, '29 mars 1718 \\. ÉTR., Ang., l. 31G, 1" 172); Chavigny au inénie, 1" aviil 171S (A. ÉTH., Ang., I. 317, f°" 2 el 4).
2. Dubois à Noce, 1" avril 171S ^A. ÉTR., Ang., l. 317, 1"" 2 et 4).
3. Déi)ècbe cai»ilab' de Dubois au Régent, 1" avril 171S (A. ÉTR., Ang., t. 317^ f»5).
guerre. « Par une guerre auxiliaire en Italie au contraire, Son Altesse Royale pourra obtenir de l'Espagne, qui la lui a offerte à ce prix, une confirmation très considérable pour ses droits*. »
La seule précaution à prendre, était d'amener l'Angleterre et la Hollande à ce changement de front : car une guerre générale serait aussi funeste qu'une guerre ainsi limitée serait avantageuse. « Il ne faut pas mettre l'Europe en mouvement, si la succession de France venait à vaquer^. » Toujours ce souci ; toujours cette parole : dans toutes les crises, Dubois n'a que cette règle de conduite. Il n'envisage que cette éventualité. S'il prépare tantôt avec l'Empereur contre l'Espagne, tantôt avec l'Espagne contre l'Empereur, une Quadruple Alliance, ce n'est point pour éviter au royaume une guerre menaçante, c'est pour accroître le nombre des puissances qui ont reconnu les droits du Régent, le porter de deux à trois, et peut-être après, par l'effet de cette ligue, à quatre. « Alors nous ferons, dit-il, la plus grande figure en Europe^. »
Ce furent les Anglais qui, en cette occasion, fixèrent les irrésolutions de Dubois, et conservèrent à la Quadruple Alliance le caractère d'une ligue avec l'Autriche qu'ils avaient intérêt à lui conserver*. Stanhope tenait à l'alliance autrichienne : elle était la tradition de son parti ; elle lui donnait du crédit auprès de Georges I", Electeur de Hanovre avant tout. Comme l'alliance française ne lui servait pas moins à résister aux ministres hanovriens qui déplaisaient à la nation anglaise^, il lui fallait à tout prix les réunir toutes deux'', pour se maintenir dans cette situation délicate d'un ministre parlementaire obligé de ménager l'opinion publique, et d'un serviteur du Roi qui ne pouvait
1. Dubois au Régent, 1" avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. .317, f° 5) .