‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 191 sur 246 · Ibid., ibid · texte numérisé non relu

Ibid., ibid

4. Cadogan avait promis à l'envoyé impérial Pentenridtcr le concours de l'Angleterre, en toute éventualité, Dubois au Régent, 10 mars 1718.

5. « Je n'ai jamais douté que ce fût le ministère allemand qui l'emportât dans la balance pour faire voir sa partialité aussi forte même contre les intérêts du roi d'Angleterre. Mais vous pouvez voir mieux que moi qu'il n'y a pas d'apparence que la nation anglaise y consente jamais de peur de perdre son commerce avec l'Espagne. » Dubois au Régent, 16 mars 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 316, f" 83).

6. Lettre de Stanhope à Stair sur le projet d'accommodement. « Il lui ouvre son cœur », 17 février 1718 (Mahon, Hisfory of England, II, p. 357-358).

négliger les intérêts de la dynastie. Car cette situation avait fait sa fortune, ainsi que la manière dont il avait jusque-là su la régler.

Pour conserver l'Empereur, il procéda par intimidation. Il s'en alla trouver le ministre autrichien à Londres, Pentenridter, et tint à ce géant des discours d'une violence calculée : « On ne tirerait pas du côté de l'Angleterre, s'écria-t-il, une once de poudre'. » Sachant aussi que les ministres hanovriens de Georges I^'', Bothmar surtout, encourageaient en secret la résistance des Impériaux, qu'ils empêchaient Pentenridter de transmettre à Vienne ces menaces capables de plier l'Empereur aux concessions, Stanhope parla sur le même ton à Bothmar : « Si on vous laissait faire, vous perdriez le Roi. L'acceptation de l'Empereur est si importante, lui dit-il, pour le roi de la Grande-Bretagne, que, si les difficultés que vous fomentez l'empêchaient, vous mériteriez de perdre la tête-. » 11 travaillait en même temps avec Sunderland à détacher Georges L"" de l'Autriche, « dont les desseins étaient sans bornes ^ » . Il parlait, disait Bothmar dépité, « des conditions imposées à l'Empereur avec plus de partialité que le Régent lui-même, sans doute par peur*». De toutes les façons d'obtenir le consentement essentiel de Charles VI, la menace lui paraissait le moyen le plus sûr.

Le moyen réussit en effet : l'attitude énergique de l'Angleterre fit réfléchir l'Autriche. Elle vit dans les propositions de Georges V'', un ultimatum d'où dépendait le concours des puissances maritimes et de la France, et se décida à l'accepter. Charles VI consentit, le 4 avril 1718, à renoncer à la couronne d'Espagne, à laisser l'expectative de Parme et de la Toscane aux enfants d'Elisabeth Farnèse''. Sa bonne volonté lui valut quelques concessions : la déclaration que ces duchés, reconnus fiefs impériaux, ne pourraient être occupés par des garnisons

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