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L'ACCESSION DE L'EMPEREUR (AVRIL

espagnoles; une restitution de biens et une amnistie pour les rebelles espagnols réfugiés à sa cour ^ On avait pu gagner aussi le prince Eugène en réservant à sa famille, plutôt qu'à l'Espagne, la possession de la Sardaigne, au cas où la maison de Savoie s'éteindrait. La Quadruple Alliance était faite, en principe.

Dubois s'}' prit un peu tard pour joindre ses menaces à celle de Stanhope, le 12 avril : « Le Hégent de France avec cent cinquante mille hommes choisis dans une réforme générale et commandés par de bons officiers, et des mesures infaillibles pour en avoir autant quand il voudra en quinze jours, des fonds pour deux campagnes et un royaume « où tons les revenus des sujets sont au Roi » lorsqu'il en a besoin, pouvait faire claquer son fouet-. »

Désormais, c'était l'Espagne qu'il fallait fléchir par de pareilles menaces : le Parlement anglais avait décidé, à la fin de mars, l'envoi d'une flotte dans la Méditerranée ^. Le Régent et Stanhope espérèrent que cette démonstration et de vives remontrances à Madrid produiraient un effet salutaire*. Les instructions de Nancré portaient « que le Régent demeurerait inséparablement uni au roi d'Angleterre, et que le roi d'Espagne, en ne l'écoutant pas, s'exposait à perdre à la fois la paix et les successions de Parme et de Toscane^. » C'était un véritable ultimatum.

En attendant la réponse de Philippe V, Dubois et les Anglais se congratulèrent mutuellement du premier succès que leur avait

1. Bothmar (ouv. cité, p. 250); d'Huxelles à Nancré, 5 avril 1718 (A. KTR., Esp., t. 268, f» 1719).

2. Dubois à Saint-Saphorin, 12 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, (» 113i.

3. Message du roi d'Angleterre, 27 mars 1718. « Sa Majesté se trouvant engagée dans différentes négociations de la dernière importance pour le bien de ses royaumes et la tranquillité de l'Europe, et ayant reçu depuis peu des avis qui lui font juger que ses efforts auraient bien plus de poids, si elle pouvait employer des forces navales partout où, il serait nécessaire, bien persuadée que si dans cette conjecture critique elle se trouvait forcée d'excéder le nombre des gens de mer accordé pour le service de la marine pendant cette année, la Chambre voudra bien pourvoir à ce surplus dans sa prochaine séance. (Lediard, Hist. Navale de l'Angleterre, trad. fr., III, p. 587, note a).

4. Stair à Stanhope, 30 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f 236); d'Huxelles à Nancré, 3 mai 1718 (A. ÉTR., Esp.. t. 269, f" 153). Le Régent à Dubois, 18 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 99-100).

5. D'Huxelles à Nancré, 14 avril 1718 (A. ÉTR., Esp., t. 268, f° 232); Nancré au Régent, 26 avril 1718 (A. ÉTR., Esp., t. 269, f" 177).

procuré celle politique d'intimidation à Vienne : « Mylord Stanhope, écrivait Dubois à Schaub, est le grand-père du traité, vous en êtes, mylord, le père. Vous n'avez pas moins été le ministre de Monseigneur le Régent, que celui de Sa Majesté Britannique, et Son Altesse Royale vous doit le succès d'une affaire que vous l'avez encouragé fortement d'entreprendre. Je vous restitue donc le compliment que vous m'avez fait sur Tacceptalion de l'Empereur '. »

Ils se réjouissaient trop tôt ; la cour d'Espagne ménageait une surprise désagréable aux Anglais, au duc d'Orléans et à Dubois.

Malgré la perspective prochaine d'une Quadruple Alliance, les souverains de Parme et d'Espagne ne se laissaient ni décourager, ni effrayer par les menaces. « Ce traité, disait en leur nom, Alberoni, n'est qu'un emplâtre aux maux présents -. » Il savait que ni le Régent, ni le duc de Savoie ne lui reviendraient plus : « Je reste décidé cependant à exécuter le projet communiqué à ^'otre Altesse Royale, écrivait-il, le 8 janvier 1718, au duc de Parme, d'une nouvelle expédition en Italie; je travaille sans relâche à disposer la flotte de manière qu'elle mette à la voile de bonne heure. 11 faudra bien que l'Empereur envoie de nombreuses troupes en Italie^. » Pendant le mois dé février 1718, il pressa les préparatifs, envoya 25,000 ducats au duc de Parme pour lui permettre d'armer ses forteresses et d'équiper une petite armée '*.

Il avait peut-ètn; fait avec l'Angleterre et la France le même calcul que celles-ci faisaient avec lui. Il menaçait aussi : il annonçait aux Anglais et aux Hollandais la ruine de leur commerce, exigeait des explications sur l'envoi dans la Méditerranée de la flotte qui se préparait, avec l'espoir d'obtenir de l'opinion publique, dans ces deux pays, la paix et des avantages".

L Dubois à Slair, 11 avril 171S 'A. KTR., Ant;.. 1. :î17, 1" 83), 20 avril 17IS 'M/./., t. 317, f 186).

2. Noie de Torcy pour Diibois, 22 mars 1718 A. KTH., Ani,^. t. :?1C), l' 102-103 .

3. Alberoni au (\nc «le l'arme. Madrid 8 et 21 jainier 1718 (A. Nap. l'ariicsiaiia, 1. 59).

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