‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 198 sur 246 · INTRIGUES ET GUERRE EN ITALIE (MAI-JUIN · texte numérisé non relu

INTRIGUES ET GUERRE EN ITALIE (MAI-JUIN

difficile*. » De même, il écrivait à Naiicré : « Comme il serait impossible défaire revenir l'Empereuraussibien quede contenter Monsieur le Cardinal, il faut vous réduire à raccej)tation ou au refus du traité, tel qu'il est enti'e vos mains, et faire la sourde oreille sur beaucoup de choses-. »

Les choses étaient venues à ce j)oint qu'on ne jjouvait plus maintenir là Triple Alliance que par des menaces de la guerre.

Au dernier moment, le défaut de ce prétendu système pacifique apparaissait clairement. Depuis le jour où la France et l'Angleterre avaient laissé à l'Empereur l'espérance de la Sicile, à l'Espagne l'espérance de Parme et de la Toscane, distribué et partagé des Etats « à leur gré en maîtres du monde ^ », leur médiation n'avait été qu'un partage déguisé des Etats italiens, sans le consentement ni des princes, ni des peuples. Ces [)artages-là ne servent qu'à mécontenter toujours les victimes, et satisfont rarement les puissances partageantes. Il n'y a que le fait accompli par la force qui puisse décider des convenances et régler de tels accords. Les médiateurs étaient condamnés à employer la force tôt ou tard.

Plus prévoyante et plus sage avait été la politique de Louis XIV qui, pour procurer la paix entre l'Espagne et l'Empereur, avait proclamé la neutralité de t'Italie '\ Dubois et le Régent avaient d'autres vues que la paix et les intérêts du royaume : « La neutralité de l'Italie, avait dit l'abbé, laisserait Son x\ltesse Royale dans un état très douteux et l'excluerait des deux Renonciations qui pourraient affermir ses droits au trône de France-^. » Au contraire, l'occasion lui paraissait belle d'obtenir ces Renonciations, même au prix d'une guerre.

Dubois avait de longue main habitué son maiti'e à la pensée d'engager la lutte avec le roi d'Espagne. En prenant contre son neveu le parti favorable à l'Empereur, le Régent conservait l'alliance de l'Angleterre et de la Hollande : « C'est une fatuité

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