Barbier, Mémoires
4. Neveu de Dubois à Dubois, 15 mars 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 31G, f" 49).
5. Dubois à Nancré, 23 mars 1718 (A. ÉTR., Ang., 1. 316, 1° 142).
;{2't LA QUADRUPLE ALLIANCE
Alors ce l'ut Noce qui, le 5 avril 17 IS, vint r<'claii-er sur les intentions de Nancré : «Je crains bien que Nancré ne patricote avec Alberoni une entente avec l'Espagne, sans le concours de l'Angleterre et de la Hollande'. » Le premier dénonciateur, Chavigny était revenu de ses soupçons dans Tintervalle ; Noce insista pour mettre Dubois en garde. Celui-ci ne savait plus qui croire.
Il commença pourtant à découvrir les manèges de Nancré, le jour où il le vit d'accord avec Alberoni et Philippe V pour décider le Régent, au début de mars 1718, à réclamer la Sardaigne. « C'est un palricolage de Nancré ou la malice d'une cabale qui, voyant que contre son attente notre projet prend le train de réussir, a saisi le seul moyen qui reste pour le bouleverser. 11 y a des traits dans les lettres de Nancré qui me font craindre que je n'aie lieu de me repentir de lui avoir fait donner celte commission. » Et il cilait ces traits, en faisant, pour conclure, son mea ciilpa : « Tu l'as voulu, Georges Dandin-! »
Ni Chavigny, ni Noce, ni Dubois ne se trompaient. En quittant Paris, Nancré était entré dans le parti du maréchal d'Huxelles et les intrigues des Farnèse. Ce qui avait empêché, en novembre 1717, la vieille cour de rapprocher le Régent, Philippe V et Alberoni, c'était l'absence, à Madrid, d'un agent dévoué à ces projets. Le duc de Saint-Aignan les avait combattus pour faire triompher ceux de Lou ville et de Longepicrre. Le départ de Nancré rendit au parli espagnol l'espoir d'une l'evanche '.
Peterborough, à peu près lixé en France depuis ses aventures d'Italie, cherchait une occasion du même genre. Lié j)ar le moyen de (^ellamare avec d'Huxelles, il entra (hms le salon de M™*^ de Nancré, où fréquenlaient les hommes de la vieille cour, les parents de M"''' de Ventadour et d'Huxelles*. Peterborough trouva ainsi Nancré dans la familiarité de A'illeroy et de la vieille cour ; il se lia également avec lui. lui lil
1. Cliavigiiy à Dubois, 5 .ivril ]71S{A. KTP.., AIli,^, t. 310, f" l'.l7;. Résuiiir iruiie convei'saUon avec Noce.
2. Dubois à Noce, 12 mai 1718 (A. KTH., Aiiir.. (• 318, f SL .