‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 202 sur 246 · Voir noire tome 11, Le Secret des Farnè.si · texte numérisé non relu

Voir noire tome 11, Le Secret des Farnè.si

4. Saint-Simon, Mémoires, éclil. de Boislisle. \l\ , p. S7. XN'II. p. 311: édil. Ciiéiuel Xl\ . I». 457; W , p. 0.5.

accepter ses projets, le détourna peu à peu de l'atjbc Dubois ^ Dès le 18 mars 1718, il comptait sur Nancré et le disait au duc de Parme : « C'est une bonne affaire que Nancré aille à Madrid. Tout dépend de la satisfaction que ce seigneur y trouvera sur les intérêts de son patron-. » 11 engageait le duc de Parme à établir entre Philippe \' et le Régent « l'union que nous désirons, si nécessaire^ ». Le duc de Parme entendit ces conseils et les transmit à Alberoni. qui les suivit scrupuleusement. Et de son côté, Peterborough entré en correspondance avec Nancré, offrait par son intermédiaire au cardinal ses avis et, s'ils échouaient, l'appui de son épée contre l'Empereur*.

Disposé à se laisser gagner par l'Espagne, Nancré ne résista pas aux avances d' Alberoni. Celui-ci l'accablait de démonstrations et d'honnêtetés^'. Il prit fait et cause pour lui, se plaignit à Dubois « que les puissances médiatrices prissent trop de partialité pour l'Empereur et ne lui donnassent à offrir à l'Espagne que des morceaux rognés en tout, et de mauvaises marchandises ^ » . Il plaignait son Altesse Royale d'être si fort livrée aux Anglais, et regrettait qu'Elle ne prît pas quelques mesures avec le roi d'Espagne "'.C'était le désaveu le plus formel, la critique la plus sévère des négociations de Dubois. Nancré ne se gênait pas pour dire plus haut encore : « Le roi d'Espagne est persuadé que ce sont des vues particulières, et des liaisons secrètes avec le roi d'Angleterre qui engagent son Altesse Royale à se laisser dominer par les Anglais et à se conduire contre les intérêts de la France *. »

1. Au mois de décembre 1719, Peterborough écrivait à Nancré : « Ayant eu le plaisir de vous connaître autrefois. » (A. ÉTR., Esp., t. 292, f° 292.) Il lui écrivait et faisait passer ses lettres par M°' de Nancré : lettre de Peterborough à Nancré, mars 1718 (Arch. Nap., Farnesiana, 1. 57).

Page 1