XXII PREFACE
à partir du tome 249 jusqu'au tome 330. La correspondance de Dubois y devient moins rare avec l'année 1718, très abondante à partir de 1720 et pendant les trois dernières années de son ministère dont l'œuvre essentielle fut alors le rapprochement avec les Bourbons d'Espagne.
C'est au fonds Prusse que l'on saisit le mieux la politique de l'abbé Dubois dans les affaires du Nord, concertée avec celle du Hanovre. Avant que de recevoir le secrétariat d'Etat, Dubois, de Londres où il était envoyé en 1718, correspondait directement avec le ministre du Roi à Berlin sous le couvert et par l'entremise de son confident en Hollande, Basnage. Ses lettres se rencontrent du tome 48 au tome 70 de ce fonds. Cette recherche nécessaire ne doit pas d'ailleurs faire négliger les lettres échangées entre Dubois et les agents de la France en Suède : MM. Geffroy et Rambaud en ont signalé l'importance dans leurs Recueils d'Instructions de Suède ou de Russie. Enfin, si beaucoup de pièces relatives à la politique de la Régence avec le Tsar sont conservées dans les fonds Hollande et Prusse, il en existe encore d'essentielles à consulter au fonds Russie (t. 7 à 14) et suppléments.
Les dépêches de Dubois à Vienne ne forment pas un ensemble aussi important. La France, à cette époque, n'y entretint que des agents de second plan, étrangers au Secret politique du Régent et de son ministre : quelques ordres leur étaient transmis par la voie de Hollande. Mais en général tout ce qui se faisait ou se disait alors d'essentiel, au nom delà Triple Alliance, en Autriche, se traitait par les envoyésde l'Angleterre à Vienne, par Stanhope, Scliaub ou Saint-Saphorin.
Il n'en a pas élc de même à Rome où Dubois a tant et si longtemps négocié pour ses intérêts personnels, en dehors du Régent, et par des hommes à lui, Lafitau et Tencin. Le fonds Rome (tome 586 à 615) contient des lettres très nombreuses, très curieuses, qui ont constitué, bien que sous une forme assez défectueuse, presque tout le tome second àe'A Mémoires et correspondances du Cardinal Dubois^ publiés par Sevclinges.
L'activité de Dubois a été telle, surtout après son accès au ministère, que dans les fonds de moindre importance, des traces de ses ordres, de sa pensée politique et personnelle sont demeurées, au fonds Turquie (tomes 61 à 65) ; au fonds Portugal (tomes 54-55) où se rencontre toute la correspondance
PREFACK XXIII
secirte de l'abbé avec son confrère l'abbé de Mornay, le véritable et heureux négociateur du rapprochement de 1720 entre Philippe V et le Régent. Aux fonds Gênes et Parme (t. 6 et t. 74) ainsi qu'à Venise (t. 174) toutes les preuves sont conservées des tentatives faites par les Farnèse pour préparer ce rapprochement; et particulièrement les documents des missions confiées à Chavigny, le principal collaborateur et confident de Dubois à partir de 1720. Aux fonds Saxe, tome 1 et supplément, cl Polor/ne (tomes 170-171), il y a des lettres du Cardinal fort instructives échangées avec l'envoyé d'Auguste II, le comte de Hoym qui laida à devenir premier ministre.
Ce ne sont pas les documents de Dubois les moins importants que ces lettres éparses dans des recueils moins étroitement liés en apparence aux négociations principales du ministre. Peut-être y trouvera-t-on celles oîi il a parfois le plus donné de sa pensée, de ses vrais sentiments, livré de ses ambitions et de ses calculs.
Au terme de cette recherche, pour être complet, il faut revenir en France dans les fonds spéciaux des Archives du quai d'Orsay qu'on appelle Mémoires et documents^ recueils de pièces de toute sorte utilement groupées, quoiqu'un peu au hasard. Aux n"^ 481, 482, 483 et 484 de France, toute la correspondance du Cardinal relative au Congrès de (^ambrai qui livre très abondamment les raisons secrètes de la politique dilatoire qu'il appliqua à cette Assemblée. Puis aux tomes 312, et 1251 des pièces, lettres, et mémoires relatifs au choix d'un confesseur jésuite pour Louis XV. Aux tomes 1251 à 1253, quelques documents et lettres sur les intrigues que forma le Cardinal pour devenir et rester, à la majorité du Roi, premier ministre.
Au tome 1233, f° 300, se trouve conservé un débris fort curieux d'un Journal de la main du Cardinal, véritable plan d'attaque et programme d'accusation contre Torcy, et ses adversaires. C'est le faible reste d'un recueil qui serait bien utile à faire connaître les pensées du diplomate, à éclairer la psychologie de l'homme, quelque chose comme les Carnets de Mazarin à côté de sa Correspondance. Le recueil a existé. J'ai pu en retrouver des traces encore dans le catalogue imprimé en 1<S52 par Laverdet pour la vente du baron de Trémond : fragment autographe de son Journal quil tenait pour lui seul.
Nous aurons ainsi, pour la première fois, reconstitué l'ensemble