XXIV PRÉFACE
des papiers de Dubois qui figurent soit aux Affaires Etrangères, soit tout à fait, par exception, au Dépôt delà guerre, ou qui ont été signalés dans des collections particulières, la pièce, par exemple, classée par Gharavay dans la vente Bovet en 1855, relative à l'acquisition de la bibliothèque de Law par Dubois; des lettres de l'abbé à Berwick, commandant l'armée d'Espagne, en 1719, ou une autre de la même date sur la guerre d'Espagne que nous communiquait un amateur éclairé de Lyon, M. Goste Labaume.
La diplomatie de l'abbé Dubois a été, presque toujours, une politique secrète, constituée en faveur de son maître ou de luimême. Et comme elle a parfois embrassé, pendant sept années, toute l'Europe, elle a exigé un grand nombre de collaborateurs, de confidents, associés à cette œuvre pour écrire sous la dictée du chef, i)Our agir d'après ses ordres et les transmettre. Le compte qu'ils devaient lui rendre de leur conduite, la façon dont ils exécutaient ses instructions, les avis incessants qu'ils lui faisaient tenir ou qu'ils sollicitaient, contribuent pour une large part à éclairer^ par les propos et les confidences des auxiliaires, la pensée du maître. Il en est ainsi des dépêches de Noce et de Nancré, de Saint-Simon même, amis et avocats de l'abbé auprès du Régent, des lettres de Néricault Destouches et de Senecterre, qui remplacèrent Dubois à Londres et nous renseignent sur le complot formé par lui avec les Anglais pour renverser Law. De Gênes, puis à Parme, Ghavigny connut toujours les plus intimes pensées de Dubois, réglées par l'idée de regagner les Bourbons d'Espagne, et de s'acquérir le chapeau. Ge personnage qui avait mal commencé et à qui la diplomatie secrète permit de refaire sa fortune, pour l'achever au service du Roi en lui donnant M. de Vergennes, avait eu Tidée d'écrire des Mémoires sur les affaires auxquelles il avaif pris part. Ge recueil, heureusement conserve aux Affaires Etrangères en double (Mémoires et documents, France 445 et 457), sous le titre : « Mémoires contenant f/aelqaes observations sur les anecdotes les plus importantes (/ii'il a recueillies dans différentes négociations depuis 1712 jusr/uau mois de mai 1736 », est un résumé dune clarfé achnirable de toute la politique de Dubois que Ghavigny avait connue et j)raliquée dans les moindres détails.
Les Mémoires composes à la même époijue })ar un aufrc collaborateur de Dubois qui lui dut aussi sa fortune, n'ont point