Saint-Simon, Mémoires, XIII, p
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parlé aussi crûment ; tout s'était passé par voies de négociations dont Noce lui-même avait été chargé*.
Cette fois l'affaire semblait finie, lorsque Stanhope fit la faute, du 9 au 11 juillet, d'aller passer deux jours à Montfermeil, à la maison de campagne de Stair^. D'Huxelles profita de son absence pour insinuer de nouveaux doutes dans l'esprit du Régent. A son retour, le 11 juillet, Stanhope apprit, au Palais-Royal, que la conclusion était de nouveau renvoyée à Londres pour certaines difficultés. Le duc d'Orléans avait été repris de ses scrupules. Noce remarqua l'agitation, la tristesse et l'abattement inconcevable de Son Altesse Royale. Ce fut lui qui fit preuve alors de décision et d'énergie. 11 rallia les Anglais découragés, les serviteurs de Dubois outrés de douleur, et tous, le 12 juillet, se portèrent au Palais-Royal pour tenter un dernier effort auprès du Régent. Après trois quarts d'heure de conférence, ils en sortirent (( avec un visage content et un air riant ». Les conventions, dressées par Schaub et Pecquet, étaient prêtes ; la signature fut décidée pour le lendemain ou le surlendemain au plus lard^.
Le maréchal d'Huxelles, à chaque nouvelle défaite, se retirait un instant, puis poussait une nouvelle pointe. Ayant consenti à signer et sans délai, il déclara alors qu'il ne le pouvait sans lavis du Conseil de Régence. Pour ne pas lui laisser cet argument, on réunit ce Conseil le 17 juillet 1718*. C'était un dernier risque à courir. Le maréchal d'Huxelles espérait rallier les mécontents, les Jansénistes qui parlaient d'un concile général de la nation, le Parlement, dont il connaissait fort le premier président. « Il se déifiait, auprès d'eux, par l'opposition qu'il faisait aux Anglais et ne désespérait pas en public de détruire les infiuences qui le ruinaient dans le cabinet du Régent^. » Les ministres anglais tremblèrent. Dubois craignit que Son Altesse Royale
1. Nevou de Dubois, 11> juillet 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 320, l" 15G); 13 juillet 1718
2. Chavigny à Dubois, 12 juillet 1718 (A. KTR., Ang., t. 320, 1" 151).
3. Le récit de celte scène a été envoyé, le soir même, à onze heures du soir, p.ir le neveu de Dubois à son oncle, 12 juillet 1718 (A. ETR., Ang., t. 320, f" 156).
4. Neveu de Dubois à Dubois;, 10 juillet 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 320, f" IW ; Stair et Stanhope à Craggs, même date (Rec. Off'. France).
5. Chavigny à Dubois, 12 juillet 1718 (A. ÉTR.. Ang., t. 320, f" 151).