LA CONVENTION DE PARIS ET LE TRAITE DE LONDRES
était inacceptable. Victor-Amédée voulait confier à Philippe V l'embarras où il se trouvait *.
En avril 1718, Alberoni accueillit vaguement d'abord Lascaris : il savait que le duc de Parme engageait ses maîtres à expulser « les Allemands de l'Italie riai gémissait sous leurs maux ». — « C'étaient la France et l'Angleterre qui voulaient voir l'Europe et Tllalie en désordre pour les intérêts particuliers du Régent et du roi Georges I^' "-. " Ce fut seulement le 22 et le 23 mai, quand l'Espagne eut perdu l'espérance d'obtenir la Sardaigne des puissances maritimes, que l'envoyé de Sicile reçut d'Alberoni des offres fermes : « Alliance offensive et défensive des deux cours de Madrid et de Turin ; conquête du Milanais au profit de Victor- Amédée, avec un contingent de vingt-trois mille Espagnols payés sur les revenus de la Sicile que l'Espagne occuperait jusqu'à la conquête des États de Naples et de Milan. Philippe V la rendrait à son premier maître, s'il ne pouvait lui procurer le Milanais; sinon il la garderait^. » C'était un projet de ligue et de conquêtes communes aux dépens de l'Empereur en Italie. Le roi de Sicile parut disposé à y entrer : « On ne pouvait accepter l'injuste loi du projet en question. Il fallait faire voir au monde l'injustice de ceux qui ravaient préparé pour leurs intérêts particuliers, et recouraient à la violence pour le lui imposer*. »
L'Italie avait le droit de se plaindre en effet, et de chercher à se défendre. Pour les faibles, il n'3^ a de ressources que dans l'union. Malheureusement, il n'y avait pas d'union possible, sincère, entre deux hommes comme Alberoni ei Victor-Amédée, deux Italiens rompus aux mensonges de leur politique nationale, en défiance l'un contre l'autre, aussi prêts à se dépouiller qu'à s'unir. Alberoni demandait à Victor-Amédée la Sicile comme un gage de sa sincérité : « Pourvoir, s'il disait vrai ^^. » Le duc de Savoie se méfiait que l'Espagne ne voulût avoir un pied en Sicile,
1. Instructions du comte Lascaris [Mémoires de l'Académie de Turin, 1861, p. 110-112).