PRÉFACE XXV
les mêmes qualités, à beaucoup près, que ceux de Chavigny, les qualités de concision et de clarté. Aussi bien Lcdran ne valait-il point Tonclc de Vergennes. Mais il a si longtemps vécu et travaillé au l)(''i)(jt, tant manié de dépèches, et pratiqué la diplomatie de ce temps que ses recueils, à ce titre, méritent d'être interrogés.
Et puisque nous parlons des indications fournies par l'abbé à ses collaborateurs et en particulier à Ledran, confident de ses dernières volontés, il faut signaler un ouvrage tout à fait dans la manière, assez gauche, de ce même Ledran, conservé sans nom d'auteur à la Bibliothèque Mazarine (in-4''. II. 2354), sous la rubrique : Vie du cardinal Dubois. M. Aubcrtin, l'ayant consulté, n'hésitait pas à en louer l'esprit de modération et de bonne foi, à l'attribuer à un intime du Cardinal. L'histoire de ce manuscrit peut se reconstituer aisément : il est le même qu'un manuscrit donné par Ledran, quelque temps avant sa mort, à l'abbé de la Ville et qui figura dans l'inventaire des papiers de cet abbé, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire le 12 fructidor an 111 sous le titre : LeDran, Anecdotes sur V élévation de l'abbé Dubois aux premières dignités de l'Eglise et de l'Etat (1725, 1 vol. in-4, en veau brun). Le manuscrit de la Mazarine, relié de même, porte en tète les mots, il est vrai rayés, mais encore lisibles : Aux premières dignités de l'Eglise et de l Et
Il suffit de parcourir ce recueil dans lequel l'auteur suit naïvement, selon le détail de ses journées et de ses affaires, le « Grand homme » qui l'avait aidé et honoré de son amitié, pour reconnaître l'importance de cette Vie sincère, exacte. Jamais biographe ne s'est plus recommandé que Ledran par la sincérité et la fraîcheur de son témoignage . Il a été le Dangeau du cardinal Dubois. Son œuvre complète et précise celle de Chavigny, c'est un catalogue d'actes précieux et toujours authentiques.
Mais il est bien clair qu'aux confidences de l'abbé Dubois, aux témoignages de ses confidents on risquerait de se méprendre, si l'on avait perdu ou si l'on négligeait les documents capables d'éclairer la conduite ou de faire comprendre les mobiles des hommes d'Etat que leur situation officielle dans les Conseils de la Régence mettait en conflit avec les auteurs ou collaborateurs de l'intrigue formée par Dubois au Palais-Royal pour les annuler, les séduire ou les remplacer. C'est encore dans le riche Dépôt de nos AlYaires Étrangères, qu'il faut, à côté de la Cor-