‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 220 sur 246 · Torcy, III, f» 327; Saint-Simon, XV. p · texte numérisé non relu

Torcy, III, f» 327; Saint-Simon, XV. p

officier polonais Poniatowski, homme de confiance de Charles XII. Beretti-Landi reçut aussi des off'res encourageantes de l'envoyé du Tsar en Hollande, Golowkin*. Le Tsar songeait à reprendre ses projets sur le Mecklembourg pour se venger des Allemands, tandis que le roi de Suède s'indemniserait avec lui aux dépens des Danois : il autorisa son ministre à Paris, le baron de Schleinitz, à menacer le Régent d'une contre-alliance des puissances du Nord et de l'Espagne-. « C'est une chose bizarre, disait à ce propos Alberoni, qu'un prince barbare du Septentrion vienne à Paris prêcher r Evangile de la paix^. »

Rien n'eût été plus solide et moins chimérique que cette ligue, si la Suède eût eu plus de ressources et moins de regrets. Gœrtz réclama à l'Espagne de tels subsides, qu'elle ne put les lui fournir*. Son maître, Charles XII, ne voulut pas acheter le concours du Tsar au prix qu'il y mettait, toutes les provinces baltiques^. Mais, jusqu'au mois de juillet 1718, tandis que l'expédition de Sicile s'organisait, Alberoni comptait encore sur le succès de ses négociations qui auraient pu faire réfléchir l'Angleterre et la France, et isoler l'Empereur. « 11 avait offert, disait-il, au roi de Suède un demi-million pour qu'il fasse peur à Charles VI et au Hanovre ^\ »

Ce qu'il y eut de chimérique dans les projets d'Alberoni alors, ce fut le vain espoir de renverser en France le duc d'Orléans,

1. Torcy, III, f» 417; Saint-Simon, XV, p. 63, (it-init d'avril 1718; Cellamare, Mémoires (2* partie, f 171-175).

2. Torcy, III, p. 69.""), 741; Saint-Simon, XV, 180, 211-212; Rottembourg au maréclial (rHuxelles, 26 juillet 1718 : « Schleinitz a éci'it en Prusse qu'il a reçu des assurances de S. A. R. de se joindre à la ligue » (A. ÉTR., Prusse, t. 60, f 190) ; Cellamare [Mémoires, II, F 174) traitait alors aussi, par l'intermédiaire d'un marchand suisse, avec Pigna/oschi el le roi de Suède. — Poniatowski, dans l'intervalle des négociations, alla à Berlin où Rottembourg signalait son passage : 3 mai 1718 (A. KÏR., Prusse, 60, f" 13).

3. Alberoni au duc de Pai'me. San-Lorenzo, 25 juillet 1718; (Ai\cn. N.w., Farnesiana, 59).

4. Cellamare, Mémoires, 11, f" 175; Lomonley [Histoire de la Réf/ence, 11, p. 3SS1, cite une lettre curieuse de Cellamare à Alberoni du 28 septembre 1718: « sangsues qui veulent peu à peu nous sucer notre sangv.Xu mois d'octobre 1718, Beretti reçut l'ordre de retirer toute offre d'argent (Beretti à Cellamare, 7 octobre 1718, Ibid.).

5. Solovief, Histoire de Russie, XVII, p. 93-95; Ilgen à Rottembourg, 16 juillet 1718 (A. ÉTR., Prusse, t. 60, f" 190). « Gœrtz a quitté les conférences d'Abo. Les affaires ne finiront pas si tôt de ce côté-là. »

6. Relation de Lascaris {Mémoires de l'Académie de Turin, p. 166).

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