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LA CRISE EUROPEENNE (AOUT

en Angleterre, l'Électeur de Hanovre. Deux cours abandonnées attendaient sans ressource en France ou à Rome l'heure de leur revanche : la cour du duc el de la duchesse du Maine, et celle du Prétendant, liées entre elles par leur commune infortune, par les Jésuites et un certain nombre d'aventuriers en quête d'événements extraordinaires. Le baron de Walef, un Flamand passé de la cour de Saint-Germain à celle de Sceaux ; l'abbé Brigault, nourri dans la domesticité des cours; l'ancien intendant Foucaut de Magny révoqué pour ses mauvaises mœurs, recueilli successivement par le Prétendant et la duchesse du Maine * ; le duc de Laval et le marquis de Pompadour, attachés aux légitimés, le duc d'Ormond, fidèle serviteur du Prétendant, tous ces personnages n'attendaient qu'une occasion de refaire leur fortune, et crurent la trouver dans la résistance opiniâtre de l'Espagne. La duchesse du Maine accepta d'entrer en relations avec Cellamare ; l'abbé Brigault apporta à l'ambassadeur ses pamphlets -. Le duc d'Ormond lui demanda un passeport pour aller cabaler en Espagne. Jacques III enfin quitta Uibino pour se rapprocher de l'Espagne^.

Jusque-là, Cellamare s'était contenté de combattre les intrigues de Dubois par des phrases retentissantes, qu'il colportait avec emphase dans les salons de la vieille cour: « Les édifices de Paris et tous les autres objets inanimés me semblaient donner des signes manifestes de tristesse et de douleur. Il me paraissait voir sur la place des Victoires la statue même de Louis le Grand lever, en signe de menace, son bras contre les auteurs de cette nouvelle ligue, funeste aux intérêts de son héritier et petit-fils préféré'^. »

Il fallut, pour le décider à passer de cette belle rhétorique aux actes, les ordres formels d'Alberoni, qui les lui donna au mois de juin. A partir de ce moment, si Cellamare prit rendez-

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