Cellamare, Mémoires (2" partie, f
4. Cellamare, Mémoires (2" partie, f° 173); Lemontey a cité une partie de la lettre de Cellamare à Alberoni, 19 juin 1718 (I, p. 199).
3bO LA QUADRUPLE ALLIANCE
VOUS à l'Arsenal avec la duchesse du Maine et le marquis de Pompadour*, il y mit encore beaucoup de réserve : «Cultivons la vigne, sans tendre la main pour cueillir les fruits avant leur maturité^. » Il accueillit aussi les propositions du duc d'Ormond. Il dressa un projet d'alliance avec les Jacobites : un officier anglais, Connock irait, au nom de Jacques 111, s'entendre avec Alberoni sur les moyens de débaucher la flotte de l'amiral Byng: de son côté, le duc d'Ormond se rendrait à Aland pour décider le Tsar et le roi de Suède à préparer une descente en Angleterre. Alberoni entra en correspondance régulière avec Connock et d'Ormond^.
Quand on juge aujourd'hui, à la lumière des documents, ces intrigues du Prétendant et de la duchesse du Maine, on n'y trouve rien que visions et chimères ; « Ce n'est pas à la Bastille, dira plus tard un des conjurés de Paris, c'est aux Petites Maisons qu'il fallait mettre de tels insensés*. » Mêlées à la négociation de l'Espagne avec les puissances du Nord, elles ont fait tort au caractère sérieux et solide de cette négociation, à la diplomatie d'Alberoni en général. Si le cardinal n'avait cherché que l'appui problématique du parti jacobite et des légitimés, il eût mérité les reproches qu'on lui a, depuis, tant de fois adressés. Lemontey luimême, qui ne l'épargne guère, est parfois obligé de lui rendre en partie justice^ :
« Alberoni, dit-il, n'insista pas sur le projet de descente, parce que le roi de Sicile était sans moyens pour l'exécuter, et que le Tsar ne s'intéressait pas au Prétendant, mais il tenta de réunir les deux monarques contre l'Electeur du Hanovre et contre l'Empereur. // soupçonnait avec raison que le Tsar désirait avoir un établissement en Allemagne. »
L'alliance que l'on blâme Alberoni d'avoir recherchée est Justement celle que tous nos historiens, depuis Saint-Simon, reprochent au Régent d'avoir négligée. A la veille d'une guerre