Voir Livre HL cliap. i
2. Chavigny à Dubois, 28 avril 1717 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 224).
3. Chavigny à Duijois. 28 avril 1718 (Jhid.). Ces lettres sont longues, précises, minutieuses, de vrais bulletins du siège.
4. Ibid., ibitl. Chavigny à Dubois, 3 mai 1718. Récit d'une longue conférence avec Torcy : celui-ci a essayé de le sonder sur les intentions et les ambitions de l'Abbé. Chavigny s'est méfié. A son tour, il lui a dit (jue Dubois regrettait de ne pas le voir à la tète des Affaires Étrangères. Il répondit qu'il les avait quittées par goût, et n'y était plus possible A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 2851.
mes compliments ; vous apprendrez par lui, quelques faits curieux concernant le maréchal*. » Chavigny était reçu on ne peut plus obligeamment par le duc, qui, dans ses Mémoires, s'est montré si sévère et si dédaigneux pour lui. Il le trouva : « fort des amis de Tabbé, de ses plus anciens amis dévoués et reconnaissants, adorant sa liesor/ne et la préchant sans cesse à
Les conversations prenaient entre eux le meilleur tour; ils échangèrent des propos très vifs sur le compte du maréchal d'Huxelles, qui, pour Saint-Simon, n'étaient jamais perdus.
De là, Chavigny s'en allait parler sur le même sujet, « des six heures durant »,avec le maréchal de Tallard « plein de vivacité pour les intérêts de Dubois », brouillé avec d'Huxelles au point de ne plus garder de mesures. Il apprenait avec une joie mal dissimulée que Tallard ne perdait aucune occasion « de barrer le maréchal au Conseil de Régence^ ».
Bezons ne le manquait pas davantage*. C'était ainsi toute une conspiration de mécontents ou d'ambitieux autour du chef de la diplomatie officielle, prêts à entrer en ligne, quand il conviendrait à ses adversaires.
Quelque réserve que Chavigny sût garder dans ces entretiens, son activité, son zèle laissaient percer ses desseins secrets. Le premier commis des Affaires Etrangères, Pecquet, qui avait l'oreille de Torcy, parla, dès le P"" avril 171<S, à Chavigny de la suppression prochaine des Conseils-'. Canillac, à quelques jours delà, devenu l'ennemi de Dubois, tenait le même langage et déclarait en plus que l'abbé avait préparé ce coup décisif par le renvoi de Noailles et de d'Aguesseau*'.
C'eût été chose rare que d'Huxelles ne pcnsAl pas de son côté
1. Dubois à Chavigny, 28 avril 1718 (A. KTR., Ang., I. 317. P 260; Cliôniol, Revue Historique, t. I, p. 112).
2. Chavigny à Dubois, 3 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 285; Cliéruel, Ibid., ihiil.).
3. Chavigny à Dubois, 11 mai 1718. Il dinail avec lui à la Planchette; Chavigny à Dubois, 3 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f» 285, t. 318, f° 67).
4. Dubois à Chavigny, 28 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 260V
5. Chavigny à Dubois, 1" avril 1718 ^\. ÉTR, Ang., t. 316. f« 189 : 14 avril 1718 (Ibid., ibid., t. 317, f» 74).
6. Chavigny à Dubois, 5 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 318, f 49).
que Dubois u voulail prendre à son relonr Vadminislralion des Affaires Etrangères^ ».
Pour la conserver, inème au cas où Ton supprimerait les Conseils, d'Huxelles prépara à Tabbc un tour de sa façon.
Après avoir blànic ouvertement Talliance franco-anglaise à ses débuts, il résolut de s'en approprier le succès, quand il parut probable. Il se mit à dire aux ambassadeurs étrangers, au Conseil de Régence, aux « Espagnols étonnés » « qu'il ne s était jamais fait si beau, ni si grand traité ». Il en devint môme ridicule : « Rien de plus comique que ses jurements, ses protestations pour prouvera Stair, par exemple, son approbation
du traité, jusqu'à traiter la reine d'Espagne de p et
x\lberoni de Jean F. ... - » Tous ceux qui escomptaient le succès de la négociation d'Angleterre, pour prendre la place du maréchal, en furent indignés et inquiets, Torcy et Dubois surtout.
Vraiment la ruse était trop grossière. L'abbé ne put retenir sa colère. « Il a fait profession de cet art toute sa vie ; je l'ai éprouvé plus que personne dans la négociation de la Triple Alliance qu'il a traversée de toute sa force et dont il a reçu les compliments en robe détroussée^ ... A la bonne heure, pourvu que l'étoile de S. A. R. l'emporte : pour moi, j'endurerai le froid et le chaud sans souffler. » Sous l'apparente philosophie et les protestations de dévoûment, on touche du doigt la blessure. Une fois par hasard, l'abbé a manqué de sang-froid et trahi son ambition. Il s'est aperçu bien vite de sa faute ; et, dans la crainte d'avoir découvert ses espérances par ses regrets, il ajouta : « Je vous conjure de ne faire confidence à personne des petites circonstances qui viennent de m'échapper dans cette lettre que je vous supplie de Jeter au feu *. »
Ce fut au moment où Dubois, Torcy et d'Huxelles se préparaient à se disputer ainsi la récompense du traité, que tout d'un coup au mois de mai 1718, il se trouva de nouveau « accroché par la
1. Chavignyà Dubois, 5 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 316, f 197) ; Chavigny à Dubois, 22 avril 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 317, f" 140-1 15).
2. Chavigny à Dubois, 11 mai 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 318, f 67).
3. Dubois à Chavigny, 28 avril 1718 (A. ÉTR , Ang., l. 317, f 260).