Voir Introduction, Livre I, chap. ii
En août 1718, tous ses amis lui écliappiiient. Il avait dû, en janvier 1718, exclure des Conseils Noailles et d'Aguesseau. Après eux, les Parlementaires dénonçaient le contrat qu'ils avaient passé avec la Régence. Il ne restait plus au duc d'Orléans que l'Angleterre, à laquelle il venait de se lier par une dernière convention plus élroite que celle de Hano\ re, mais impopulaire, parce qu'elle était destinée à servir l'Empereur contre l'Espagne.
En même temps les vaincus du coup d'État de 1715, la duchesse du iMaine et ses amis, animés par la rancune et l'ambition, reprenaient courage, de façon à profiter de la discorde de leurs vainqueurs. Ils intriguaient sourdement pour se rapprocher du Parlement mécontent*. A l'alliance anglaise qui demeurait la seule ressource du duc d'Orléans, ils espéraient opposer l'alliance des souverains d'Espagne.
Avec l'appui du Parlement et de l'Espagne, ce parti de la vieille cour avait les mômes prétentions, les mêmes droits en somme, et pouvait avoir le même succès que le duc d'Orléans. 11 rêvait de donner une nouvelle forme à la Régence; il en a[)pellerait au Parlement et aux Etats généraux, dictant déjà à ses publicistes, le 1'^'" août, des lettres pour la nation, véritables manifestes, analogues à ceux que le Régent lui avait autrefois adressés'^. Et peut-être bientôt le verrait-on prétendre avec l'ambassadeur d'Espagne, Cellamare, « que la Régence du duc d'Orléans nétail pas établie sur les lois fondamentales du royaume, ni consacrée par un long usage, ni conforme à la volonté du feu Jfioi^ ». Alors, le complot aurait pour prétexte la guerre à un pouvoir illégitime et usurpé qui dégénérait en tyrannie. Et, si on accusait le duc du Maine de fomenter la guerre civile, n'était-il pas en droit d'alléguer qu'il ne l'avait pas déclarée le premier ; si l'on blâmait son entente avec l'étranger, ne trouverait-il pas une excuse et un précédent dans la conduite du Régent, serviteur et vassal des Anglais*?
Toutes ces raisons étaient si bonnes, et, appuyées par le
1. Neveu de Dubois y Dubois, 16 juillet 1718 A. ÉTR., Ang., t. :W), f l'.i'.t .
2. Voir dans notre tome III, chap. i, la Conspiration de Cellamare.