‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 232 sur 246 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Parlement, pouvaient être si fortes, qu'au mois d'août 1718, le Régent se vit en danger. On répandait déjà à l'étranger la nouvelle que Paris et le Parlement étaient en révolte. « Tout tendait à l'extrême », dit Saint-Simon : « La léthargie du Régent l'avait conduit sur le bord du précipice ^ » Le 20 août il confiait à son vieil ami qu'il était à la crise de sa Régence, et qu'il « s'agissait de tout pour lai en cette occasion^^ ».

Jamais, en effet, mieux qu'en ce jour, n'apparurent les dangers de la situation où le duc d'Orléans s'était mis par sa faute. (( Monsieur mon neveu, lui avait dit Louis XiV à la veille de sa mort, je vous ai conservé tous les droits que vous donne votre naissance^. » Cette déclaration formelle et le testament qui la confirma n'avaient pas satisfait l'ambition du Régent: la part de succession que lui avait réservée le grand Roi lui avait paru insuffisante, et les garanties dont il l'avait entourée, suspectes et humiliantes. Au lieu de prendre tranquillement possession, Philippe d'Orléans avait ouvert un procès aux autres iiéritiers, au duc du Maine.

Du même coup, Philippe d'Orléans avait compromis les droits qu'il avait à la succession de Louis XV*. Le meilleur titre qu'il pût avoir à ce bel héritage, c'eût été de le bien gérer, pendant qu'il lui était provisoirement confié. Outre les droits qu'il tenait de sa naissance, il s'en serait créé d'autres à l'affection et à la reconnaissance des Français. Ses premières démarches lui avaient aliéné les légitimés et leurs amis. Puis, toutes les fois qu'il avait fait mine de vouloir gouverner et d'ordonner, ses alliés lui avaient presque mis le marché à la main. 11 n'avait pas gouverné, et la faiblesse de son gouvernement faisait mauvais effet sur la nation-'.

Ce ne fut pas Didjois qui le tira de cet embarras ; mais il profita de la crise décisive que traversait alors la liégence pour asseoir sa fortune et sa politique. Il taisait partie d'un triumvirat qui poussait, depuis six mois, le duc d'Orléans aux i-ésolulions

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