Saint-Simon, Mémoires, XIV, p
3. Dubois à d'Argenson, 2 février 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 315, 1« 26).
4. Vie anonyme du cardinal Dubois (Bib. Mazarine, 2354, i" 86-90).
5. Stair à Craggs, Paris 20 août 1718 (Rec. Off. dans Wiesener, II, p. 260.)
qui réduisit, par la force, la résistance du Parlement. Ce fut Law qui dressa le plan de campagne, d'Argenson qui l'exécuta résolument.
Saint-Simon a décrit longuement les préparatifs de l'afTaire, pour s'attribuer, comme à l'ordinaire, l'honneur du succès'.
A l'entendre, il eut la clairvoyance qui manquait au Régent, l'audace qu'il aurait fallu à Law. Il proposa le lit de justice aux Tuileries, « pour n'avertir personne des Conseils et ne pas exposer la santé du Roi.» 11 rédigea sur-le-champ, le 19 août, le projet de la mécanique nécessaire. Le lendemain, le Régent l'adoptait et lui confiait les détails de l'exécution, qui fut réglée, dit-il encore, minutieusement avec F'ontanieu. Saint-Simon ne nous fait grâce d'aucun détail, ni surtout des soins infinis qu'il se donna pour obtenir, à la faveur de Toccasion. la réduction des bâtards au-dessous des ducs et pairs.
Le récit tient presque un demi-volume des Mémoires. Quelques lignes qui ont dû beaucoup coûter à l'orgueil de Saint-Simon, un hommage incomplet quoique })énible de l'historien à la vérité, restituent à chacun des acteurs leur véritable rôle dans cette intrigue.
(( Le retour d'Angleterre de l'abbé Dubois, la frayeur que Law eut raison de prendre, la crainte pour sa place que conçut le garde des sceaux, si haï du Parlement, firent une réunion à laquelle Law attira M. le Duc, si grandement intéressé dans le système, lequel se proposa de saisir la conjoncture de culbut(ir le duc du Maine, et satisfaire sa liaine. Ce concert de diOerents intérêts, qui aboutissaient au même point, forma un effort qui entraîna le Régent et qui lui fit voir tout d'un coup son danger et son unique remède. L'abbé Dubois et Law l'investirent contre ceux dont il n'avait (|ue trop goûté et suivi les dangereux avis. Toiil fui si pi'omplemenl résolu, que personne n'en eut aucun soupçon. J'ignorais ces circonstances^. )y
De l'aveu de Saint-Simon, ce fut donc Dubois qui conseilla au duc d'Orléans un cou|) d'autorité. Aussitôt après son arrivée, il alla le trouNcr, le 1<S août, â Saint-Cloud. Toute la journée,