Saint-Simon, XVI, p
LA SUPPRESSION DES CONSEILS (SEPTEMHliE 1718) 375
sans embarras de ce qui allait roiilor sur lui, ni d'avoir à parler en public sur des matières aussi importantes et aussi susceptibles d'inconvénients. »
Dès que le Parlcmenf pril séance, d'Artçenson mena l'attaque vivement, en présence du Roi, du Régent et des Grands. Il frappa le grand coup ^.W fit un discours véhément, de violentes réprimandes, et conclut à l'enregistrement de l'arrêt du Conseil d'Etat qui cassait les dernières décisions du Parlement, et lui défendait de se mêler à l'avenir aux affaires d'Etat. Saint-Simon nous a laissé un tableau inoubliable de la consternation des magistrats, de leur orgueil humilié. Selon son hal)ilude, il s'y est peint au premier plan : « Sitôt que je parus, tous les yeux s'arrêtèrent sur moi. » (( Le Parlement, dit un autre contemporain, moins partial, n'osa pousser que quelques soupirs » ; le premier président demanda timidement la permission de se retirer avec les magistrats pour délibérer.
« Sa Majesté, expliqua d'Argenson, d'un ton de commandement veut être obéie, et obéie dans le momenl'^. » La déroule du Parlement était complète.
L'assaut se donna au duc du Maine, après cela, sans difficulté. On entendit le duc de Bourbon réclamer l'éducation du Roi. Le Régent appuya sa requête ^ : Louis XV ne parut même pas s'apercevoir qu'on disposait de lui*. La place fut aussitôt livrée au duc de Bourbon, sans résistance. Le duc du Maine n'était pas venu à la séance. Les ducs et pairs eurent leur part de sa dépouille : « sans que personne donnât son avis, on enregistra l'arrêt du Conseil du 21 aoùl, qui enl très fort contre le Parlement, ainsi que l'édit qui dégrade MM. les ducs de Toulouse et du Maine de leur qualité de princes du sang, des honneurs y attachés et les remet au rang de leurs duchés ■'. »