IhiiL. ibid
3. Lettres du Parlonient de Bretagne [Mémoires de la Régence, III, p. 132 (voir notre tome III, chap. m).
4. Les observations de Saint-Simon sont très justes (édit. (:héruel,XVI, p. 127) : « Vous hasardez un pouvoir précaire. »
LA SrPPRESSION \)KH CONSEILS (SKPTEMliUE 1718) 377
leur dernière ressource. Pour garder rhcritagc incertain et provisoire de Louis XIV, il s'exposait à perdre celui de Louis XV.
D'autre pari, alors, le duc d'Orléans ne crut mieux faire que de s'associer le duc de Bourbon. C'étail un compétiteur qu'il se donnait. Il se livrait encore à un étranger, Law dont le système pouvait durer aussi peu que sa victoire. Enfin, en celle détresse qui parut un triomphe, il ne restait plus au Régent d'autres garanis pour soutenir ses espérances compromises, <pio les Anglais. L'alliance anglaise devenait sa dernière ressource. Il n'était plus le maître ni d'en discuter, ni d'en rejeter les conditions ou le prix. S'il la perdait, il se perdait pour toujours'.
Le roi d'Angleterre et ses ministres se réjouiront de la défaite du Parlement français comme d'une victoire qu'ils auraient euxmème remportée : « Le Roi, écrivait Craggs à Dubois le 3 septembre, reçut hier l'agréable nouvelle de la victoire de sa flotte, mais je puis vous assurer qu'il n'en a pas témoigné tant de joie que de celle que S. A. R. vient de remporter sur cette cabale envenimée qui l'attaquait avec tant de rage et de trahison. Je puis vous assurer que je ne l'ai jamais vu si abattu dans le temps qu'il avait une rébellion icy contre luy que lorsqu'il apprit la vigueur avec laquelle le Parlement de Paris et la Faction harcelaient S. A. R. ^ ».
Les ministres de Georges 1'^'' avaient provoqué ce dénouement par leurs instances pressantes. Ils savaient qu'en coupant les derniers liens qui l'attachaient à la France, le duc d'Orléans se mettrait en leur dépendance. « L'intérêt de nos deux maîtres est entrelacé », disait Craggs 3. Le Régent était désormais dans leurs filets. Stair, le soir de la bataille livrée au Parlement, avait encouragé l'abbé à se rendre de nouveau à Saint-Cloud pour arracher au Régent la suppression des Conseils. Le 6 septembre i! se décidait à réclamer lui-même au nom des Alliés le renvoi du maréchal d'Huxelles. Le lendemain, de la part de Georges F-", il se risquait même à exprimer un vœu en faveur de Dubois : trois jours après, Stanhope qui revenait d'Espagne, avec plus