‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 240 sur 246 · Saint-Simon, Mémoires léiiit. Chéruel, XVL P · texte numérisé non relu

Saint-Simon, Mémoires léiiit. Chéruel, XVL P

2. Craggs à Duiîois, 3 septembre 1718 ^\. ÉTR., Ang., t. 321, f» 233).

3. Craggs à Dubois, 18 août 1718 {\. ÉTR., Ang., t. 321, f» 202).

378 DUBOIS, SECRETAIRE D'ÉTAT DES AFFAIRES FmUNGÉRES

d'influence et de chaleur encore, appuyait ce vœu. Le duc d'Orléans, pour avoir l'air de réserver son autorité, annonçait le renvoi du maréchal, sans désigner encore son successeur, laissant un instant, à cette heure décisive, subsister le doute que ce successeur pût être non Dubois, mais Torcy'.

On insista, de Londres : « Il s'agit de ne pas s'arrêter en si beau chemin. Le Roy attend impatiemment à lii'e les premières lettres de France dans l'espérance que Mgr le Régent aura mis les emplois entre les mains de gens sur qui il puisse faire fonds. Tant qu'il ne prendra pas ce parti, il n'aura fait que de l'eau toute claire-. » Le duc d'Orléans en était venu là que les Anglais osaient lui dicter sa conduite et le choix de ses ministres.

Ni l'attente du roi d'Angleterre, ni les espérances de Dubois ne furent trompées. « On ne faisait pas difficulté de dire que les Français n'étaient pas nés pour être conduits par des Conseils où les affaires se traitent avec beaucoup de lenteur, et que notre vivacité demandait une prompte expédition^. » Les raisons ne manquaient donc pas de supprimer les Conseils. Ils le furent bientôt par un arrêt du 25 septembre 1718 et remplacés par des secrétaireries d'Etat. La Vrillière eut la feuille des bénéfices, le comte de Maurepas la maison du Roi et le clergé, d'Armenonville la marine. Le Blanc la guerre. D'Argenson reçut les sceaux, avec la charge d'administrer les finances, jusqu'à ce qu'on pût les donner à Law. Pour faire de l'Ecossais un ministre, il fallait attendre sa conversion au catholicisme'^.

L'abbé Dubois n'avait pas les mêmes raisons d'attendre ; il fut sur-le-champ s'installer au ministère des Affaires Etrangères'', sans éclat, trop heureux de teiiii" enfin ce qu'il avait rêvé, trop

1. [.(' rrcil de ces démarches de Stair et Stanhope a été l'ait d'une l'aroii ((iii correspond aux témoignages des agents français, et d'après les archives du Record Office (LeUres de Stair, 29 août, 31 août. 4 septembre, 14 septembre, par M. Wiesener). (Le Régent, II, pp. 261-265.)

2. Craggs à Dubois. 3 septembre 1718 (A. ÉTR., Ang., t. 321, f» 233).

3. Mémoires de la Réqence, III, p. 140: Saint-Simon, édil. Chéi'uel, XVI, p. 101 et suiv.

4. Les Mémoires de la liégence donnent la liste de cette rép.irtilion lil. p. 1 11). Mais ils ne donnent pas la date. On la trouve exactement dans une lettre publiée par Baschet {Histoire du Dépôt des A. ETR.).

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