Tome L
L'âge du jeune Roi, létat de sa santé qui ne faisait un secret pour personne semblaicnL promettre au duc d'Orléans une situation moins précaire et plus durable qu'une simple Régence : après la succession de Louis XIV, peut-être à brève échéance celle de Louis XV, le Trône de France enfin, au lieu de cette royauté espagnole, un instant entrevue en 1709. L'enjeu était trop considérable : le duc se mit, dès le début, en étal de gagner la partie.
La partie d'ailleurs était engagée avant la mort de Louis XIV. Les rares survivants de la famille royale décimée en quelques années « escomptaient à la fois la mort du vieillard et du petit être si débile et si jeune qui pouvait disparaître plus tôt ou en même temps que lui ' ». Ces jiaroles sont de Cellamare, confident et serviteur des projets ambitieux de Philippe \ . Ce prince, non content d'avoir recueilli la succession d'Espagne, préparait déjà, en mai 1714, à sa maison celle de France. 11 n'hésitait pas à faire connaître ses vœux et ses vues à Louis XIV, sans ambages : « Si le Dauphin vient à manquer, S. M. catholique voudrait donner la couronne de France à l'un de ses fils et garder pour elle celle d'Espagne"-. » « Il sera roi de France involontairement » disait alors son ministre del Giudice au ministre des Affaires Etrangères, Torcy'*. Un an plus tard, le roi d'Espagne exprimait à son ambassadeur, Cellamare le même désir, sous la forme d'un ordre. Si celui-ci même se garda de disputer la Régence au duc d'Orléans, ce fut « dans Vatlente d'un bien plus certain et plu^i (/ranci ». 11 "prit ce mal en patience; « un médecin maladroit, voyant le sang en mouvement, aurait employé des remèdes irritants » : Cellamare comptait sur le temps, l'attachement des Français aux Bourbons, et l'effet de ses caresses })Our donner à son maîfre mieux qu'une Régence éphémère, la succession de Louis XV *.