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contraire à leurs habitudes et à leurs prétentions dynastiques, conforme cependant aux exigences de leur situation, un instant presque désespérée.
Tout ce que les hommes d'Etat anglais ont pu alors réunir de moyens, de garanties pour assurer les renonciations des souverains ainsi que la succession protestante en Angleterre pai- la volonté expresse des nations européennes qui réglait désormais, au lieu de la loi divine, ces héritages princiers, ils l'ont emplo3'é, accumulé. Ils exigèrent que Philippe V à Madrid convoquât le 6 octobre 1712 les Cortès en présence de leur envoyé Lexington, et fît conlirmer par les représentants de la nation espagnole l'abandon de ses droits de prince français. Ils eurent l'idée de demander une Assemblée extraordinaire des Etats généraux à Louis XIV, qui « au simple soupçon d'une autorité confîrmative de la sienne se hérissa*». Ils obtinrent cependant comme concession l'enregistrement des Renonciations en mars 1713 au Parlement de Paris qui retrouvait à cette occasion quelque chose du pouvoir législatif et constitutif refusé à ses prétentions par une royauté sans contrôle depuis la Fronde^. Quand ils signèrent au mois d'avril les traités d'Utrecht, les Anglais pouvaient croire leur œuvre définitive et durable; et, selon leur conception du droit public européen, elle l'était.
Elle ne le fut jamais au regard des hommes d'Etat, des souverains, et des courtisans obstinément fidèles au droit monarchique. Torcy avait dès le premier jour averti Bolingbroke qu'il avait «tort de bâtir sur le sable, et de prendre tant de précautions pour assurer des actes nuls par eux-mêmes ». Il ne s'était point gêné pour conseiller à Philippe V la paix même au prix d'une Renonciation qui « étant contre les lois ne pourra jamais subsister ». Et son opinion, qui n'avait point arrêté les Anglais «peu accoutumés, dit Saint-Simon, à ces maximes'^ », était partagée par la majorité des Français comme elle était appuyée à Madrid par le confident italien de Philippe V, l'abbé Alberoni. « Quelques pré-