‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 5 sur 246 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

« Si l'auleur du mémoire, dans son introduction, a un peu trop adouci et comme verni d'un peu trop de génie le portrait de Dubois, on ne saurait trop louer la vigueur et la netteté avec lesquelles il discerne et met en lumière, dès le début, ce qui va être la trame fondamentale de son ouvrage, parce que c'est le lien réel et l'intérêt historique de la carrière de Dubois.

« Une introduction bibliograi)liiquc, une élude critique et détaillée des sources précèdent cette introduction bibliographique. C'est un travail qui serait trop développé pour l'impression, mais l'auteur a tenu à prouver à l'Académie avec quel soin il s'élait préparé à son sujet ; nous l'en devons hautement louer.

(( Un tableau des intérêts de la France et des conditions de la politique française en Europe au lendemain de la paix d'Utrecht complète les préliminaires. Ce tableau est largement dessiné, mais le cadre en est trop vaste. L'auteur y développe une vue intéressante : les derniers efforts de Louis XIV pour tourner et corriger le traité d'Utrecht; en premier lieu la conception d'une alliance autrichienne, conception d'une politique prévoyante ; Torcy l'a exposée dans la grande instruction donnée au comte du Luc. L'Espagne unie, l'Autriche réconciliée, l'Europe pacifiée, la France libre de tourner vers les colonies une activité réparatrice et de forcer l'Angleterre, isolée du continent, à renoncer à sa suprématie maritime : c'est un grand dessein, c'est l'alliance de 1756, conclue à temps et de façon à prévenir les événements qui rendirent cette alliance nécessaire, mais inefficace; c'est le Pacte de famille commandé à l'Espagne et non reçu d'elle dans la détresse et réalisé ainsi, dans ses justes proportions, au bénéfice de la France. Louis XIV a-t-il conçu ces desseins avec la netteté qu'y donne l'auteur? Faut-il y voir la dernière grande pensée du règne, ou bien ces vues de modération forcée ne sont-elles qu'une sorte d'acte additionnel au système du grand Roi?

« L'événement ne me permet point d'en juger. Après Louis XIV, la France avait besoin de la paix, et la paix n'était menacée que par les ambitions de la Maison des Farnèse, en Italie, et par celles de la Maison de Hanovre, en Allemagne. Louis XIV avait opposé les Jacobites aux Hanovriens, il tâchait de neutraliser les Parmesans par les Autrichiens. Les conditions de la Régence et les plans de Dubois sur la succession de France l'amenèrent à prendre le contre-pied de cette politique. Les

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