‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 55 sur 246 · TOMB I · texte numérisé non relu

TOMB I

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d'aller consulter à Londres les hommes d'Etat qui s'étaient arrogé le droit de disposer de l'Espagne.

L'abbé d'Espagnac est le seul qui, au moyen des papiers de son compatriote aujourd'hui perdus, ait indiqué et conservé les raisons obscures du premier voyage de Dubois en Angleterre. « Il avait été touché, dit-il, des titres de la famille de ses maîtres à la succession d'Espagne. La renonciation de la branche aînée n'engageait pas d'une manière absolue le duc d'Orléans'. » Si la coalition qui avait vaincu Louis XIV, et son chef surtout s'obstinaient, comme il y parut d'abord, à refuser aux Bourbons tout droit à l'héritage de Charles II, ne fallait-il pas que la maison d'Orléans en fût aussitôt informée, et mise à même d'offrir à l'Europe et à la France un moyen d'accommodement, de se réserver peut-être un brillant avenir et une belle compensation ? Sans doute ce n'étaient point une politique, ni des espérances que le duc d'Orléans et son fils pussent avouer, ou même laisser deviner aux représentants de la France. JNIais Dubois était capable d'apprendre beaucoup auprès des ambassadeurs de France, sans se livrer jamais. Et voilà pourquoi il disait à l'envoyé de l'Autriche intrigue de sa présence à Londres : u La commission qui m'a amené en Angleterre ne m'y retiendra pas longtemps. Cette commission spéciale n'est pas de celles qui obligent à traiter avec d'auti-es diplomates en mezzo lermine-. »

En deliors des ambassadeurs ordinaires, Dubois débutait ainsi dans la carrière diplomatique comme le chargé d'affaires confidentiel de la maison d'Orléans. Et ce fut pour lui à la fois une chance et une école que ce début à Londres, plutôt qu'ailleurs. Homme de lettres, érudit, il ne pouvait trouver mieux que là une transition nécessaire entre le métier qui l'avait conduit jusqu'à cet emploi, et les affaires publiques où il prétendait à un autre rôle.

C'étaient des hommes de sa sorte qui, à Londres, avaient contribué au triomphe de la révolution de 1688, et que les whigs

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