‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 57 sur 246 · Saint-Simon, MemotVes (édit. Chéruel, XI, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, MemotVes (édit. Chéruel, XI, p

6. C'est toujours ainsi que Saint-Simon parle, notamment (XII, p. 369), de Rémond, de Longepierre, des soupers de Stanhope et du Régent « qui avait été fort en débauche avec lui ».

pas ces penchants à discuter de tout, religion, politique, liabitudes sociales, entre grands et parvenus de lettres, entre Français et étrangers, ces défis aux préjugés et au passé, tout ce qui enfin dans le commerce de citoyens et de penseurs très libres, venus et présentés comme Stanhope à la table du duc d'Orléans, préparait à la France une société, des mœurs et une littérature renouvelées.

« Si Fénelon était né en Angleterre, il y aurait développé son génie » disait un jour son élève Ramsay à Voltaire ^ Depuis son séjour à Londres, et par la suite, l'abbé Dubois, s'est placé au premier rang de cette société d'esprits libres et ambitieux qui déclassés, méprisés encore par les gens de la fin du règne, préparaient un règne nouveau dont ils escomptaient les tendances favorables à leurs idées, à leurs goûts et surtout à leur fortune. Auprès du duc d'Orléans, dans les années qui ont précédé la Régence, son précepteur devenu conseiller en titre a patiemment travaillé, à l'aide du droit, des idées et des hommes de l'Angleterre, à élever à la fois la condition de son élève et la sienne.

Ce fut en Espagne qu'il porta ses premiers efforts : au delà des Pyrénées, où venait de s'éteindre une race épuisée, les Bourbons appelés par le testament de Charles II à Madrid n'étaient encore représentés que par un très jeune prince. La maison d'Orléans entrevit un avenir qu'elle n'avait pas alors en France, auprès de Louis XIV entouré de ses nombreux petitsfils. Lorsque Philippe V quittait Versailles, le duc d'Orléans avait fait reconnaître, à Paris par devant notaire et en Espagne par une lettre royale, ses droits au trône d'Espagne-. Sur ces entrefaites, Monsieur était mort, en juin 1701 : son fils se trouva empêché par l'expédition que dut mener Philippe V contre la coalition en Italie de reprendre et de discuter l'affaire à Madrid ^.

Aussitôt qu'il apprit le retour du Roi catholique dans ses Etats, il lui dépêcha l'abbé Dubois, en Languedoc par où le cortège royal devait passer. Ce fut la première mission officielle, publique celle-là, dont eût été chargé l'abbé promu

1. V^oltaire, Siècle de Louis XIV (éd. Bourgeois, p. 779, note 1).

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